Le travail forcé des enfants demeure une réalité pour des millions de jeunes à travers le monde, notamment dans l’agriculture, l’industrie et les conflits armés. Devant cette urgence de protéger leur droit à l’éducation et à la sécurité, l’éducation et la mobilisation sont essentielles pour atteindre l’élimination du travail des enfants d’ici 2030.
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Marmots au boulot
Un brin candide, je persiste à croire qu’il est impossible qu’un être humain n’ait que des défauts. Cela s’applique même à Donald Trump! La preuve?
Voilà quelques semaines, l’occupant de la salle de bal du 1600 Pennsylvania Avenue, danseur à la grâce d’éléphant, prenait la défense des victimes du travail forcé, particulièrement celle des enfants.
Qu’on se le tienne pour dit, le 45e mais aussi 47e président des États-Unis, celui qui claironna que Dieu.e lui avait sauvé la vie lors d’un attentat afin qu’il « rende sa grandeur à l’Amérique », ce monsieur-là a bel et bien un cœur qui fait boum-boum.
Et si on zieutait le tout de plus près afin de vérifier qu’il ne s’agisse point de « fake news » …
Quand Trump s’intéresse au travail forcé des enfants
Eh oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, le président étatsunien serait apte à témoigner de la compassion à l’égard d’autres personnes que… lui-même!
Au cours de l’été, semblant déborder de pitié envers cette jeunesse qu’on enchaîne au boulot contre son gré, il en profitait pour faire la leçon au gouvernement canadien.
Selon ses convictions toutes personnelles, son voisin indésirable ne possédait malheureusement pas une grandeur d’âme comparable à la sienne.
Que pouvait bien reprocher Trump le divin à Carney le vilain?
Le 4 juin dernier, Noovo Info résumait ainsi le litige : « Washington a affirmé qu’Ottawa affichait un bilan médiocre en matière de prévention de l’importation de produits issus du travail forcé ».
Il faut savoir que travail forcé et travail des enfants sont interreliés. Punition typiquement trumpienne? Tarifs douaniers! Eh oui, le politicien hors norme abusait à nouveau de son « Favorite Word ». Avions-nous affaire à un autre prétexte de l’intimidateur en chef de l’arène politique cherchant avant tout à taxer son camarade pourtant le plus fidèle?
Selon Marthe Goncalves, responsable nationale des douanes et du commerce international et associée chez PwC Canada, « les problèmes liés au travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement de produits tels que les fruits de mer, le café, le coton et les textiles étaient connus depuis longtemps. » Aïe!
Que faut-il retenir de cette énième chamaillerie États-Unis contre Canada?
Que les déclarations de Trump ont au moins permis de mettre en lumière les cauchemars peuplés de monstres à figure humaine dans lesquels surnagent des millions de jeunes…
Main-d’œuvre juvénile en quelques statistiques
En 2002 naissait la Journée mondiale contre le travail des enfants.
Le 12 juin, on exprime donc notre opposition à cette forme d’esclavage en brandissant un carton rouge pareillement aux arbitres de soccer. Chiffre à retenir selon l’Organisation internationale du travail (OIT) et l’UNICEF… 138 millions.
Attention! Ce nombre astronomique d’enfants au boulot n’inclut point le travail domestique exécuté par les jeunes à l’intérieur du domicile familial.
Sur le portail shs.cairn.info, on rappelle que « la non-prise en compte des tâches ménagères constitue une lacune majeure, compte tenu de leur poids dans la vie des enfants, ce qui contribue à invisibiliser une part importante de leur travail, le plus souvent assumé par les filles. »
Lorsqu’on se réfère à cette mer de personnes d’âge mineur astreintes au travail, on doit savoir que « 54 millions effectuent des travaux dangereux susceptibles de nuire à leur santé, à leur sécurité ou à leur moralité ».
Dans quels domaines besogne cette jeunesse sacrifiée? 61% dans l’agriculture, 27 % au sein du secteur des services et 13% des marmots et ados s’échinent dans la production manufacturière, sur des chantiers de construction ou encore dans les entrailles d’exploitations minières.
On devine évidemment que certaines activités liées à la main-d’œuvre juvénile passent sous le radar.
Comment établir des statistiques précises lorsqu’il est question d’industrie du sexe ou encore de trafic de stupéfiants?
Parmi tous ces êtres vulnérables, « les enfants des populations indigènes et des basses castes courent plus de risques de devoir abandonner l’école et d’être mis au travail ».
L’UNICEF ajoute aussi que le travail des enfants nuit à leur scolarité ainsi qu’à leur développement physique mais aussi mental.

Les enfants soldats
La main rouge, cela vous dit-il quelque chose? Cet autre symbole écarlate surgit le 12 février afin de souligner la Journée internationale contre l’utilisation d’enfants soldats.
Qui n’a pas vu, au moins une fois dans son existence, ces photos troublantes de marmots et d’ados mitraillette à la main?
En plus d’exercer leurs menottes sur des instruments de combat, les recrues jouent entre autres de la batterie de cuisine afin de nourrir adéquatement ces adultes qui les exploitent sans scrupules.
Et un festin digne de ce nom ne culmine-t-il point avec un succulent dessert? Quoi de mieux alors qu’une bidasse en guise de friandise?
En effet, qui se surprendra d’apprendre que nombre d’enfants soldats subissent des sévices sexuels? Dans une entrevue accordée à La Presse lors d’un lancement de livre, le lieutenant-général Roméo Dallaire dénonçait avec virulence le sort réservé à ces garçons et ces filles qu’on enrôle de force.
Selon celui qui fut commandant de la Mission des Nations unies pour l’assistance au Rwanda à l’époque du génocide, « l’enfant soldat est le système d’armes le plus complet de tout l’arsenal des machines de guerre ».
C’est « qu’il ne coûte pas cher à entretenir » et, surtout, s’avère facilement manipulable. Titre de son bouquin paru en 2010? Ils se battent comme des soldats, ils meurent comme des enfants…
Encadrement du travail des enfants au Québec
Dans notre coin de pays, les jeunes sont davantage susceptibles de vous tirer dessus avec un pistolet à eau plutôt qu’une kalachnikov. Alléluia!
Par contre, nos ados travaillent! Entendons-nous, leur situation n’a habituellement rien de comparable avec celle de leurs semblables en Afrique subsaharienne, en Asie ou en Amérique latine.
Les motifs pour lesquels on les retrouve souvent flottant dans un polo marqué du logo d’une quelconque entreprise de vente de colifichets ou de malbouffe diffèrent également.
Hors de nos frontières, les ados bossent avant tout en raison de la pauvreté, ici, on justifie d’abord ce phénomène par la pénurie de main-d’œuvre.
« Si tu es encore aux études et que tu es âgé.e de moins de 16 ans, sache que l’école doit passer en premier! » En prime, pas question de « travailler plus de 17 heures par semaine » à moins que tu ne sois en période de vacances scolaires.
Des exceptions sont toutefois prévues. Quelles sont les jobines visées? Garder des bambinos dans ton quartier, te lever aux aurores pour livrer l’un des rares quotidiens encore publiés sur papier, aider tes camarades dans leurs devoirs et même œuvrer dans le milieu artistique parce que toi, comme Aznavour, tu te vois déjà!
Loin de moi l’idée de me prendre pour l’ex-juge Andrée Ruffo, fervente critique de la DPJ, Françoise Dolto, psychanalyste française au service de l’enfance, ou encore Maria Montessori, illustre pédagogue italienne. J’avoue cependant être fort mal à l’aise lorsque je suis servie par une personne mineure dans un commerce.
En juin 2022, La Presse diffusait un article signé Marie-France Bazzo. La populaire animatrice et productrice s’interrogeait sur le travail des jeunes au Québec.
Madame Martine lui décerne un beau A+ pour avoir bombardé d’avions en papier munis d’aiguilles notre indifférence collective en regard du « risque que l’enfant préfère le travail immédiat à l’école et qu’il s’installe dans une dynamique qui l’appauvrira à la longue ».
Bonne nouvelle! Le nombre d’enfants en situation de travail serait en recul dans le monde. Écoutons le petit roi David qui dort en nous et qui est prêt à tout pour vaincre le gigantesque Goliath. Joignons-nous aux milliers de voix qui s’élèvent à travers la planète afin d’abolir le travail des enfants. 2030, objectif réaliste ou pas?

Sexagénaire, bénévoler au sein de l’organisme les Petits Frères, ainsi qu’Amnistie internationale. Membresse en règle du Collectif Échec à la guerre et de la Fédération des Femmes du Québec. Être alliée de Stella et des gens qui travaillent dans le domaine du sexe ou encore des personnes qui s’identifient à la communauté LGBTQ+.
Baccalauréat en littérature française et une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information, ça donne la piqûre de l’écriture, écrire encore et toujours des lettres ouvertes qui surgissent dans divers médias et collaborer par des textes avec Mon Credo, le Conseil régional Nakonha:ka et la collective de chrétiennes féministes L’autre Parole.