Oser un regard différent

Dessein de deux mains qui tentent de se rejoindre, évoquant un acte de réconciliation.

La réconciliation

19 novembre 2025
Photo de Marie-Sylvenie Chery

Marie-Silvenie Chery

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Qu’est-ce que la réconciliation? Va-t-elle toujours de pair avec le pardon? Et si elle était davantage une démarche pour permettre le témoignage de l’amour de Dieu qu’une simple action ponctuelle.

Qu’est-ce que la réconciliation?

Le mois de novembre nous appelle à la réflexion et la réconciliation surtout quand les histoires entre les membres familiaux, entre les peuples, entre les collègues ou entre les confessions religieuses refont surface et continuent de faire mal.

Alors, peut-on vraiment parler de réconciliation? Est-ce que le pardon suffit? Est-ce que les deux marchent toujours ensemble ou le pardon peut-il, parfois, devenir une manière d’éviter la vérité?

Je ne sais pas combien de fois ma mère m’avait obligé à m’excuser auprès de mon frère pour des mots méchants que je lui adressais, alors qu’il me taquinait. Nous nous querellions tout le temps, mais la justice était toujours de son côté, même quand j’avais raison. Tout simplement parce qu’il était mon aîné, ce qui lui donnait tous les droits sur moi. Quelle injustice! Quel abus! Ma mère me répétait sans cesse : « eh bien tu connais ton frère. »

Aujourd’hui encore, quand je repense à cette période de mon adolescence, cela me tape sur les nerfs. Le pire, c’est que je ne peux pas m’en passer, car la mémoire est là.

La réconciliation est un chemin de vérité et d’espérance

La réconciliation n’est pas un événement ponctuel. C’est un chemin. Un processus lent, parfois douloureux, toujours sacré. Elle commence là où la vérité est nommée, là où les blessures sont reconnues, là où le pardon devient possible.

Dans nos communautés, la réconciliation prend des formes multiples : entre générations, entre cultures, entre langues, entre histoires blessées et espérances partagées. Elle demande du courage, de l’écoute, et une foi profonde en la capacité de Dieu à transformer ce qui semble brisé.

Réconcilier ce n’est pas oublier

C’est se souvenir autrement. C’est choisir de bâtir des ponts là où il y avait des murs. C’est croire que l’Esprit peut faire naître la paix là où il y avait le conflit.

Dans l’Église, la réconciliation est aussi un appel à grandir : en sagesse, en humilité, en solidarité. Elle nous pousse à revoir nos pratiques, à accueillir les voix marginalisées, à devenir une communauté qui guérit.

Revenons à mon histoire familiale, parfois, mon frère et moi passons de longues heures à parler de notre enfance. Je lui dis alors tous les torts qu’il me causait et à quel point j’étais malheureuse! Nous éclatons de rire de ces moqueries. En fait, nous étions des enfants, mais cela faisait tout de même mal.

Entre les peuples, les nations, cela devrait être encore plus compliqué, la réconciliation – mais possible.

Je pense que la réconciliation est cette démarche relationnelle qui implique la restauration en exigeant que les deux parties s’engagent dans la reconnaissance de toute brisure, dans la réparation et la reconstruction.

La réconciliation va plus loin que le pardon

Le but visé de toute réconciliation est de rétablir la confiance, la communion et la paix. C’est une mission communautaire qui exige les deux partis.

Tandis que le pardon est un acte intérieur, une décision personnelle de ne plus retenir le tort contre l’autre. Je peux faire le choix de pardonner même si l’autre personne ne demande pas pardon ou ne change pas.

Le pardon libère le cœur de la rancune, de la colère, du désir de vengeance.

Deux zèbres s'entrelacent en signe de réconciliation.
* Photo de Alan J. Hendry, unsplash.com, Utilisée avec permission.

Le triomphe de l’amour de Dieu

Lorsque les deux vont ensemble (le pardon et la réconciliation), cela démontre que l’amour peut triompher de la haine, que la vérité peut guérir les blessures, et que la justice peut ouvrir un chemin vers la paix.

Nous, les chrétiens, sommes appelés à être des agents de réconciliation vivante entre générations, cultures et langues, entre personnes blessées ou éloignées, entre notre passé et notre avenir.

Elle ne signifie pas oublier ou minimiser le mal, mais plutôt travailler à la guérison, à la réparation et à la restauration de la dignité; car les deux sont bibliques et reflètent le cœur de Dieu selon 2 Corinthiens 5 : 20

« Nous faisons donc les fonctions d’ambassadeurs pour Christ… Soyez réconciliés avec Dieu! »

Oui, la réconciliation entre les êtres humains est essentielle. Elle est biblique. C’est un appel spirituel, une pratique communautaire et un témoignage vivant de l’amour de Dieu.

Autrice

Photo de Marie-Sylvenie Chery

Marie-Sylvenie Chery

Liturgiste et pasteure en formation. Marie Silvenie a d’abord suivi des études de linguistique appliquée en Haïti avant d’obtenir un baccalauréat en sciences infirmières à l’Université de Montréal. Elle a exercé le métier d’infirmière clinicienne, développant une approche holistique du soin de la personne (corps, âme et esprit) pendant dix-huit ans. Elle a ensuite obtenu un baccalauréat en théologie à l’Université McGill et une maîtrise en divinité à Montreal Diocesan Theological College.

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