La femme samaritaine – Jean 4, 5 – 42
Stéphane Vermette
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Il y a des histoires dans la Bible qu’on pense connaître très, très bien, mais lorsqu’on lit le texte, on se rend compte que ce n’est pas tout à fait le cas.
Et c’est particulièrement le cas pour des récits qui présentent des femmes, comme l’histoire de la femme samaritaine. Qu’est-ce qu’on sait et qu’est-ce qu’on ne sait pas de ce récit?
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Table des matières
Transcription:
Bonjour, Stéphane Vermette, pasteur de l’Église Unie du Canada, de retour avec ses petits cartons. Et merci encore une fois de cliquer sur le lien, de vous intéresser à ces commentaires que je fais pour le temps du carême. Si vous appréciez, abonnez-vous. Activez les notifications, faites un like et surtout donnez-nous vos commentaires, vos rétroactions si vous voulez qu’on continue à faire ce genre de vidéos.
L’évangile selon Jean
Alors, par une fois, on est dans l’évangile selon Jean. Comme j’ai dit dans les semaines précédentes, on est avec Jean pendant quatre semaines. C’est la deuxième semaine pour ce troisième dimanche de Carême. Ça fait beaucoup de numéros. Deuxième dimanche de Carême, on est avec Jean plus précisément au chapitre 4, les versets 5 à 42.
Encore une fois, je ne vous lis pas tout parce que c’est quand même assez long, mais pour résumer en deux lignes, c’est la célèbre rencontre entre Jésus et la femme samaritaine.
Je ne sais pas si c’est juste moi, mais à chaque fois que j’entends parler de ça, je pense au grand succès des Guess Who, un band canadien qui chantait « American Woman ». Je ne sais pas, moi, dans ma tête, il y a « Samaritan Woman, Stay Away From Me », mais ça doit être juste moi qui pense à ces trucs-là.
Un petit rappel de ce qu’on a parlé la semaine dernière. L’évangile selon Jean, c’est un évangile symbolique. Contrairement aux trois autres, Marc, Mathieu, Luc, on peut quand même prendre les choses au pied de la lettre parce qu’on raconte des événements de la vie de Jésus.
Ici, c’est des métaphores, c’est des illustrations. Ce n’est pas à prendre au pied de la lettre, parce que, Jésus qui dit « Je suis le pain de la vie », Jésus n’était pas fait en pain. Jésus qui dit « Je suis la lumière du monde ».
Jésus traverse la Samarie
Alors, qu’est-ce qu’on a? On a un chapitre qui débute avec Jésus qui est en Judée et qui veut retourner en Galilée. Et je ne sais pas si vous avez déjà vu une carte ou si vous avez déjà appris ça.
On a la Judée, un petit peu plus au nord, la Samarie, un petit peu plus au nord, la Galilée. Donc, pour retourner en Galilée, on doit passer par la Samarie. Il n’y a pas d’avion, il n’y a pas de TGV. On y va à pied.
La relation entre les Juifs en Judée et en Galilée et les Samaritains, c’est une relation un peu compliquée. Oui, ils ont une foi similaire, mais différente. Ils ont des origines similaires, mais différentes.
Et surtout, ils ne s’aiment pas bien, bien. Pensez à la relation entre les Québécois et les Ontariens. Pensez à la relation entre les Français et les Belges. On se ressemble, on parle plus ou moins la même langue. Mais, ça ne marche pas.
Même, je suis sûr qu’il y avait des blagues. Les gens de Judée et de Galilée, avaient des blagues sur les Samaritains, comme genre, c’est une fois un Samaritain, tu comprends, gars, pas trop. Ça devait être comme ça, OK? Alors, qu’est-ce qui se passe?
Jésus rencontre la femme samaritaine vers midi
On va sauter au verset 6. Jésus est fatigué du voyage. Ça prend quand même quelques jours. Il s’assit au bord du puit. Il était environ midi.
On va arrêter là. Encore une fois, dans le genre, c’est symbolique. Il n’y a pas de fait, de marque de temps pour dire il est à quelle heure. Non, c’est midi.
Qu’est-ce qui se passe? C’est midi, le soleil est à son zénith. C’est là qu’il est le plus brillant. La semaine dernière, on avait Nicodème qui va voir Jésus au milieu de la nuit. Pauvre Nicodème! Il ne comprend rien de rien de rien. Là, il est midi, il y a plein de soleil, il y a plein de lumière. Déjà, le texte nous indique que quelque chose va se passer.
Je sais que peut-être qu’il y en a qui disent que je tire les choses par les cheveux, mais non, tout est symbolique dans le genre.
Une femme se pointe pour puiser de l’eau. C’est un puit.
Et c’est là que les commentateurs, les prêcheurs, les prédicateurs, les théologiens, pas le texte, ces personnes-là mettent leur interprétation parce qu’ils se disent, il y a de quoi de louche. Parce qu’habituellement, les femmes, elles puisent l’eau le matin. Il ne fait pas trop chaud, tu vas puiser ton eau, tu en as pour toute la journée.
Donc, il y a de quoi de louche avec cette femme-là. Elle doit être ostracisée, les autres femmes ne doivent pas l’aimer. Il y a de quoi qui ne marche pas, parce qu’elle ne peut pas être là.
Même s’il y a une tonne de raisons pourquoi tu peux aller, sur l’heure du midi, chercher de l’eau : tu as échappé ta cruche, tu as cassé ta cruche, tu as besoin d’eau, tu as besoin de plus d’eau que tu pensais parce que je ne sais pas, tu as de la visite ou… Il y a plein de raisons.
Mais non, on prend pour acquis qu’il y a quoi de louche avec cette femme-là, puis déjà en partant, peu importe ce que le texte dit, on fait « Haha on va continuer à chercher et à creuser ».
Les jugements de la femme samaritaine
Jésus demande à la Samaritaine, «J’ai soif, peux-tu me demander de l’eau?» et commence une conversation. Et c’est sûr que c’est un peu bizarre parce que la Samaritaine dit, «Mais pourquoi tu me parles? Toi tu es juive, moi je suis une femme, je suis une Samaritaine en plus.» Mais non, ils commencent à parler.
On arrive au verset 17. Jésus dit à la Samaritaine, « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari, car tu as eu cinq maris, et l’homme avec lequel tu vis maintenant n’est pas ton mari. »
Et là, tous ces commentateurs font « Ha! Ha! On savait qu’il y avait de quoi de louche. En voici la preuve, parce que c’est une forme de petite vertu, c’est quelqu’un de léger, qui n’a pas de morale, c’est une traînée, c’est une prostituée parce que tu as une sexualité, ce n’est pas une sexualité normale, toute cette histoire-là. Et une chance que Jésus s’intéresse à elle, pauvre femme, pauvre pécheresse, il va la sauver. »
Encore une fois, il y a cent mille raisons pourquoi cette femme-là aurait pu avoir cinq maris et pas vivre avec quelqu’un avec qui elle est mariée.
C’est un mode de vie quand même assez difficile, une région semi-désertique. Il y a plusieurs personnes qui pouvaient mourir. Le divorce était une pratique totalement acceptée. Il y a peut-être un mari qui a décidé de la sacrer là pour partir avec une petite jeune. On voit ça encore aujourd’hui.
Il n’y avait pas de filet social aussi à cette époque-là. Il est facile d’imaginer qu’une femme aille habiter avec un homme qui n’est pas marié parce qu’il faut survivre et qu’il n’y a pas d’aide sociale. Si elle a des enfants, c’est qui qui va s’occuper de ses enfants?
Il y a une série de raisons qui sont totalement logiques pour cette situation-là, mais du fait que c’est une femme, là, il y a un problème.
On regarde dans le Premier testament, le roi Salomon a 300 épouses, 700 concubines, jamais qu’on va dire que c’est un débauché, que c’est un dépravé, cet homme-là. Non, non, non, non, non, c’est le grand exemple de la sagesse à travers toute la Bible.
Le roi David, il voit Bethsabée, il a le goût d’elle, il envoie l’armée, il va la chercher, l’armée la ramène chez lui, fling flang, il fait son affaire, il en renvoie. Aujourd’hui, avec MeToo, on appelle ça une agression sexuelle. Non, non, ça c’est correct, le grand roi David.
Alors, qu’est-ce qu’on fait avec cette histoire-là entre Jésus et la femme samaritaine?
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Parler à la femme samaritaine pour dépasser les frontières
Donc, on revient à Jésus et la femme samaritaine. Le problème, quand on pense qu’on est de cette histoire-là, et on l’analyse de cette façon-là, c’est qu’on reste encore une fois au premier niveau, au pied de la lettre. Et encore une fois, ce n’est pas ça, Jean.
Donc, ce n’est pas une histoire de moralité, ce n’est pas une histoire de rédemption qu’on a ici.
Qu’est-ce qu’on a ici? C’est Jésus qui amorce une conversation avec une personne avec qui il ne devrait pas parler.
Jésus aurait pu facilement dire, moi, je suis ici juste pour les juifs. Toi, est-ce que tu es juif? Non? Bon, tant pis. Je ne suis pas ici pour perdre mon temps avec du monde, n’importe qui, n’importe comment, une femme en plus. Non, ça ne m’intéresse pas.
Non, Jésus va et parle à des gens qui, normalement, on ne s’attend pas qu’il va le faire, au point où, quand les disciples étaient partis, pendant ce temps-là, aller chercher de la nourriture, ils viennent, ils constatent la situation, ils disent « Mais qu’est-ce que tu fais là, Jésus? Que lui veux-tu? Pourquoi parles-tu à elle? » Les autres, ils n’étaient pas capables de concevoir ça.
Le désir d’explorer la foi de la femme samaritaine
La femme, à travers cette conversation-là, a des questions. Elle veut explorer des questions de foi, de spiritualité. Elle pose des questions à Jésus. Jésus lui répond. Et il y a un dialogue qui se fait au-delà des clichés, des stéréotypes, au-delà des normes d’une certaine époque de société.
Et quelque part, Jésus ne l’enferme pas dans une petite boîte où il ne colle pas une étiquette dans le front. Non, il va un peu plus loin.
Parce qu’on a tendance à faire ça en tant qu’être humain, et ça, ça n’a pas changé en 2000 ans.
Eux autres sont comme ci, eux autres sont comme ça. « Ah, moi j’en connais des… j’en ai rencontré un, pis ils sont tous pareils. »
Toutes des affaires qu’on entend encore beaucoup, mais Jésus ne va pas dans cette direction-là.
La femme samaritaine devient une missionnaire
Jésus, la lumière du monde, s’attaque à l’obscurantisme. Et il le fait tellement, et le fait tellement bien, au verset 28, la Samaritaine laisse sa cruche là et retourne à la ville où elle dit aux gens, « Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Serait-il peut-être le Messie? »
Ici, on a une histoire qui ressemble beaucoup à l’appel des premiers disciples. On va voir Pierre, on va voir Jacques, des pêcheurs laissent leur filet là et suivent Jésus.
La femme qui était venue chercher de l’eau, avec sa cruche, laisse sa cruche, mais au lieu de suivre Jésus, s’en retourne au village et en parle de Jésus, et le fait d’une manière tellement convaincante, que, au verset 39, « beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus parce que la femme leur avait déclaré il m’a dit tout ce qu’il avait fait ».
Encore une fois, quelques versets plus tôt, le chapitre avant, l’histoire de Nicodème, M. Important, M. Big Shot, l’homme qui a un statut, l’homme qui est respecté, très éduqué, rencontre Jésus la nuit, il ne comprend rien.
Ici, quelques lignes plus tard, on pourrait dire, une femme samaritaine, on ne sait même pas son nom, on imagine qu’elle n’a pas de titre. C’est vraiment personne d’important, mais elle rencontre Jésus à midi, comprend tout, et elle devient la première missionnaire.
Parce que ce que l’on comprend dans les évangiles, les disciples, oui, ils suivent Jésus, tout ça, mais le travail de propager la bonne nouvelle aux autres, ça arrive beaucoup plus tard, c’est essentiellement les Actes des apôtres.
Elle, non, tout de suite, tout de suite, pas d’histoire de suivre Jésus, elle s’en va proclamer la bonne nouvelle, ce qu’elle a appris à ses villageois.
Réfléchir à nos relations avec les autres
Et c’est peut-être ça, dans ce temps de Carême. Moi carrément, je ne suis pas très fort pour les histoires de pénitence. Mais peut-être c’est un bon temps pour prendre conscience de ce que nous sommes, prendre un pas de recul, puis regarder ce qu’on fait de bien, ce qu’on fait de moins bien, pas pour s’autoflageller, mais pour essayer de s’améliorer.
Surtout dans une vie, dans une existence, dans une société qu’on a l’impression que tout va vite. Il faut toujours aller plus vite, il faut toujours faire de quoi, de se donner un temps pour dire Ok, on va essayer de ralentir un peu puis d’examiner.
Se demander, mais combien de fois, collectivement ou personnellement, on s’est pensé meilleur que les autres. Important. On savait tout. Et surtout, nos valeurs sont meilleures que celles des autres. Nos façons de faire sont nécessairement meilleures que les autres. Nos opinions sont nécessairement meilleures que les autres.
Combien de fois qu’on s’est laissé guider par des idées préconçues, par des stéréotypes, des clichés envers les autres? Combien d’occasions manquées?
Parce que Jésus rencontre la Samaritaine, ça c’est merveilleux. Il aurait pu ne pas la rencontrer. Il la rencontre. La Samaritaine vient à croire. Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La Samaritaine s’en va aux villageois et il y a plein de villageois qui ont découvert Jésus par l’entremise de la Samaritaine.
Parce que nous, on peut dire… pourquoi j’irais aider quelqu’un? C’est quoi la différence que ça fait dans le grand ordre des choses? Je suis juste une personne, je ne pourrais pas changer ma société. Mais il y a plein de choses qui peuvent se passer qu’on ne verra pas.
En anglais, on parle de ripple effect, d’espèce de succession d’événements. Peut-être dire merci à quelqu’un, c’était peut-être le petit mot d’encouragement que cette personne-là avait besoin cette journée-là, que cette personne va dire, peut-être que moi aussi je pourrais aider quelqu’un.
Peut-être un mot d’encouragement qui peut paraître banal, 30 secondes, même pas, mais c’est ça qu’il y avait besoin, cette personne-là, pour dire, ben, tu vois, je vais prendre confiance en moi et je vais faire le pas de plus. Et ça, ça commence avec nous.
Ne pas juger trop rapidement
Donc, toute cette histoire-là, c’est une histoire qui nous rappelle que souvent on pense savoir quelque chose sur quelqu’un, sur un sujet, sur un événement.
On a tendance trop souvent à juger rapidement, mais moindrement qu’on y pense un peu, c’est toujours un petit peu plus compliqué. Il y a toujours plus de nuances.
C’est souvent la personne dont on s’attend le moins qui peut nous surprendre le plus. Une femme samaritaine, pas de nom, pas de statut, devient la première missionnaire des Évangiles.
C’est la personne qui veut pousser sa foi, qui a des questions, qui demande juste à avoir cette occasion d’explorer cette foi-là.
Et cette rencontre avec Jésus va être déterminante.
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Jean 4, 5-42
1-3Les pharisiens avaient entendu dire que Jésus faisait et baptisait plus de disciples que Jean. En réalité, Jésus lui-même ne baptisait personne, c’étaient ses disciples qui baptisaient. Quand Jésus apprit ce que l’on racontait, il quitta la Judée et retourna en Galilée.
4Or, il fallait qu’il traverse la Samarie. 5Il arrive près d’une ville de la Samarie appelée Sychar, qui est proche de la parcelle de terrain que Jacob avait donnée à son fils Joseph. 6Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué du voyage, s’assit tout simplement au bord du puits. Il était environ midi.
7Une femme de la Samarie vient puiser de l’eau et Jésus s’adressa à elle : « Donne-moi à boire. » 8Ses disciples étaient allés en ville acheter de quoi manger. 9La femme samaritaine dit à Jésus : « Mais, tu es Juif ! Comment oses-tu me demander à boire, à moi, une Samaritaine ? » En effet, les Juifs n’ont pas de relations avec les Samaritains.
10Jésus continua : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé de l’eau et il t’aurait donné de l’eau vive. » 11La femme répliqua : « Seigneur, tu n’as pas de seau et le puits est profond. D’où aurais-tu donc cette eau vive ? 12Serais-tu plus grand que notre ancêtre Jacob, qui nous a donné ce puits et qui a lui-même bu de son eau, ainsi que ses fils et ses troupeaux ? »
13Jésus lui répondit : « Toute personne qui boit de cette eau aura encore soif ; 14mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau qui jaillira jusque dans la vie éternelle. » 15La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi cette eau, pour que je n’aie plus soif et que je n’aie plus besoin de venir puiser de l’eau ici. »
16Jésus lui dit : « Va, appelle ton mari et reviens ici. » 17La femme lui répondit : « Je n’ai pas de mari. » Et Jésus ajouta : « Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari ; 18car tu as eu cinq maris, et l’homme avec lequel tu vis maintenant n’est pas ton mari. Tu as donc dit vrai. » 19« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. 20Nos ancêtres samaritains ont adoré Dieu sur cette montagne, mais vous, les Juifs, vous dites que l’endroit où l’on doit adorer Dieu est à Jérusalem. » –
21« Crois-moi, continua Jésus, l’heure vient où vous n’adorerez le Père ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. 22Vous, vous adorez Dieu sans le connaître ; nous, nous l’adorons et nous le connaissons, car le salut vient des Juifs.
23Mais l’heure vient, et elle est même déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père par l’Esprit qui conduit à la vérité ; car ce sont de tels adorateurs que le Père recherche. 24Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent le fassent par l’Esprit qui conduit à la vérité. » 25La femme lui dit : « Je sais que le Messie, c’est-à-dire le Christ, va venir. Quand il viendra, il nous enseignera toutes choses. » 26Jésus lui répondit : « Je le suis, moi qui te parle. »
27À ce moment-là, les disciples de Jésus revinrent ; et ils s’étonnèrent de le voir parler avec une femme. Pourtant aucun d’eux ne lui demanda : « Que lui veux-tu ? » ou : « Pourquoi parles-tu avec elle ? » 28Alors la femme laissa sa jarre et retourna en ville, où elle dit aux gens : 29« Venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-il pas le Christ ? » 30Ils sortirent donc de la ville et vinrent à la rencontre de Jésus.
31Pendant ce temps, les disciples insistaient auprès de Jésus : « Rabbi, mange quelque chose ! » 32Mais il leur répondit : « J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas. » 33Les disciples se demandèrent donc les uns aux autres : « Quelqu’un lui a-t-il apporté à manger ? »
34Jésus leur dit : « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de terminer le travail qu’il m’a confié. 35Ne dit-on pas : “Encore quatre mois et ce sera la moisson” ? Mais moi je vous dis, levez les yeux et observez bien les champs : les grains sont mûrs et prêts pour la moisson !
36Celui qui moissonne reçoit déjà son salaire et il rassemble le grain pour la vie éternelle ; ainsi, celui qui sème et celui qui moissonne se réjouissent ensemble. 37Car il est vrai le proverbe qui dit : “Quelqu’un sème et un autre moissonne.” 38Moi, je vous ai envoyés moissonner dans un champ où vous ne vous êtes donné aucune peine ; d’autres s’y sont donné de la peine et vous, vous avez bénéficié de leur travail. »
39Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus grâce à ce témoignage de la femme : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait ! »
40C’est pourquoi, quand les Samaritains arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à rester avec eux ; et il resta là deux jours. 41Ils furent encore bien plus nombreux à croire grâce à ce que Jésus lui-même disait ; 42et ils dirent à la femme : « Maintenant nous ne croyons plus seulement à cause de ce que tu as raconté, mais parce que nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le sauveur du monde. »
Auteur

Rév. Stéphane Vermette
Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Bluesky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.