Gérer les conflits – Matthieu 18 : 15 – 20
Stéphane Vermette
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Dans Matthieu 18:15-20, Jésus présente le conflit non comme une occasion d’exclure, mais comme un appel à la réconciliation. Par le dialogue, l’écoute et l’accompagnement de la communauté, il invite à rebâtir les liens brisés. Même lorsque les différends persistent, les disciples sont appelés à répondre avec amour, compassion et ouverture plutôt qu’avec jugement.
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* Photo de Gus Moretta, unsplash.com. Utilisée avec permission.
Table des matières
Transcription:
Comment réagit-on durant les conflits?
Lorsqu’il y a un conflit dans un groupe comme une Église, quelle est notre approche?
Essayer de prouver notre point à tout prix quitte à exclure l’autre personne ou tout faire pour se réconcilier.
Bonjour! Stéphane Vermette, un pasteur progressif, inclusif et moderne, de retour avec ses petits cartons. J’offre des réflexions bibliques sur une base régulière, tout ça gratuitement grâce à notre commanditaire, l’Église Unie du Canada.
Les trois étapes de Jésus
Et cette semaine, nous nous dirigeons du côté de l’Évangile selon Matthieu, le chapitre 18, les versets 15 à 20, ou comment gérer les conflits.
Ce passage s’inscrit dans une section un peu plus longue où Jésus offre une série d’enseignements. Par exemple, juste avant le passage d’aujourd’hui, Jésus raconte l’histoire du bon berger qui abandonne 99 de ses moutons pour aller retrouver le mouton perdu de son troupeau.
Ici, Jésus semble offrir, je pourrais dire, un mode d’emploi à suivre pour régler les conflits dans un groupe. Et c’est assez simple. Si ton frère ou ta sœur se rend coupable à ton égard, qu’est-ce qu’on fait?
Il y a trois étapes. Première étape : va trouver la personne seul à seul et fais-lui part de tes reproches. Si ça ne fonctionne pas, deuxième étape. Amène une ou deux personnes de confiance pour t’aider à raisonner la personne. Si ça ne fonctionne toujours pas, troisième étape. Présente ton grief devant tout le groupe et essaie de trouver une solution.
Et si ça ne fonctionne toujours pas, le texte dit que tu dois considérer cette personne comme un ou une incroyante ou collecteur d’impôts, ce qui est une très mauvaise chose.
Collecteur d’impôt, c’est très péjoratif dans la société de Jésus parce que les collecteurs d’impôt travaillaient pour l’armée d’occupation romaine. C’était des collaborateurs. Ils travaillaient pour les ennemis.
Exclut-on trop rapidement à la suite d’un conflit?
Traditionnellement, les chrétiens ont utilisé cette démarche. C’est biblique dans leur tête. C’est très, très bon.
Et c’est devenu, je pourrais dire malheureusement, une machine à exclure les personnes.
On a un conflit, on traite les gens d’hérétiques. Tu n’es pas un vrai croyant. Tu n’appartiens pas à notre groupe, donc on t’exclut. Pas de problème avec ça.
Mais lorsqu’on prend un pas de recul, est-ce qu’on a bien compris ce passage? Est-ce qu’on a bien compris ce que Jésus essayait de dire?
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Jésus incluait les personnes
Lorsqu’on met ça en contexte des enseignements de Jésus, j’ai de la difficulté à croire que le but c’est d’exclure une personne parce que Jésus n’excluait pas les gens. Tout au contraire.
Il a toujours voulu inclure des gens. Il a appelé des gens, même des personnes qui étaient un peu à la marge ou hors de la société.
Par exemple, l’histoire du mouton dont je vous ai parlé il y a quelques instants, le berger n’abandonne pas le mouton parce qu’il s’est égaré. Il ne blâme pas le mouton parce qu’il se s’est égaré. Il ne demande pas des excuses au mouton parce qu’il s’est égaré. Il ne va pas parler aux 99 moutons pour prouver que le berger avait raison et que c’est à faute du mouton. Ce n’est pas ça l’histoire.
La réconciliation pour solutionner les conflits
Moi, je crois que l’idée dans le texte d’aujourd’hui tourne autour de la réconciliation.
Il y aura toujours des conflits, peu importe, dans les groupes auxquels on appartient, dans les Églises.
Il y en a partout parce que nous sommes des êtres humains imparfaits. On aimerait ça être parfait. On aimerait ça s’accorder toujours. Je pense que ce n’est pas possible. Ce n’est pas humainement possible.
Alors, qu’est-ce qu’on fait? Donc, au lieu de tenter de prouver qu’on a raison, l’autre option, c’est de prendre une initiative pour trouver des solutions. Pour, comme le dit le texte, essayer de gagner un frère, une sœur, un ami.
Et même si ce n’est pas toujours facile, parfois, ça implique choisir de prendre les devants, de faire les premiers pas. Peut-être être vulnérable. Admettre notre part dans le conflit, dans la situation, parce que c’est souvent rarement toute la faute de l’un ou toute la faute de l’autre. Il faut être honnête avec ça.

Prendre l’initiative pour résoudre nos conflits
Tout ça, le but, c’est d’essayer de rebâtir des ponts avec les gens autour de nous et de se dire constamment quelle part je peux jouer dans ce processus de réconciliation.
Est-ce que je peux parler à la personne? Est-ce que j’ai besoin d’aide pour aller parler à cette personne-là et d’amener des gens? Est-ce que le support du groupe va m’aider à parler à cette personne?
Et même si ça ne fonctionne pas? Ça arrive des fois que ça ne fonctionne pas. Mais ce n’est pas la fin de tout.
Parce qu’il faut se souvenir que Jésus se tenait avec des incroyants. Il se tenait avec des collecteurs d’impôts.
Et Jésus ne les jugeait pas. Jésus ne leur faisait pas des reproches. Jésus ne leur demandait pas de changer. Non. Jésus leur offrait de l’amour inconditionnel.
C’est peut-être ça qu’on a à apprendre et à se souvenir qu’à travers les conflits, à travers nos différends, notre premier réflexe serait d’essayer de trouver un moyen de se réconcilier. Prendre l’initiative, aller voir une personne. Essayer de trouver des gens pour nous aider. Si ça ne fonctionne pas, continuez à aimer ces personnes-là, peu importe.
Merci beaucoup d’avoir écouté, merci d’être là. Si vous avez la chance, partagez cette vidéo, soyez un évangéliste. On ne fait pas ça pour l’argent, on veut trouver notre public. À très bientôt, on se reparle. Au revoir.
Mots clés :
conflits, réconciliation, Matthieu, inclusion, exclusion, Jésus, groupe, conflit religieux, leadership spirituel, amour inconditionnel
Sujets clés :
Le passage de Matthieu 18 doit être compris comme une démarche de réconciliation, pas d’exclusion.
Jésus prône l’inclusion, même pour ceux qui sont à la marge.
Il faut prendre l’initiative de résoudre les conflits plutôt que de chercher à prouver qu’on a raison.
La vulnérabilité et l’honnêteté sont essentielles pour la réconciliation.
L’amour inconditionnel de Jésus est un modèle à suivre dans la gestion des conflits.
Citations :
« Le berger n’abandonne pas le mouton perdu. »
« L’amour inconditionnel est la clé de la réconciliation. »
Chapitres :
00:00 – Comment réagit-on durant les conflits?
00:32 – Les trois étapes de Jésus
02:23 – Exclut-on trop rapidement à la suite d’un conflit?
03:05 – Abonnez-vous
03:18 – Jésus incluait les personnes
04:13 – La réconciliation pour solutionner les conflits
05:36 – Prendre l’initiative pour résoudre nos conflits

Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Bluesky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.