Immigration et foi
Hervé Njoya Ngou
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Pour plusieurs, l’immigration est plus qu’un simple déménagement dans un nouveau pays. C’est une expérience qui met à l’épreuve la foi et la résilience. L‘espérance de trouver une vie plus digne mène souvent vers Dieu.
Table des matières
Définir Immigration et foi
L’immigration et la foi, bien que différentes de par leur définition et leur apparence, se rejoignent dans l’expérience profonde de l’attachement et de l’espérance.
La foi de par son étymologie est dérivée du latin « fides » qui signifie confiance et engagement. La foi est donc une croyance profonde ; une confiance totale ou une adhésion intime à une personne, une idée ou une religion.
L’immigration désigne ici l’entrée et l’installation durable ou pour une longue durée de personnes étrangères dans un pays autre que leur pays d’origine.
Immigrer c’est donc un acte de foi : c’est croire en une terre qui est encore inconnue, s’aventurer sur un avenir invisible et confier sa sécurité à l’inconnu.
Lorsque l’immigrant franchit une terre nouvelle, généralement il laisse derrière lui ses titres, ses biens et le plus souvent même sa casquette sociale.
Dans cette nouvelle aventure, la foi est souvent le bagage que l’on ne peut lui retirer. Elle devient le plus souvent sa « racine portative » une implantation intrinsèque qui demeure stable alors que tout le paysage extérieur se transforme, notamment la langue, le climat, la culture, les visages…
L’immigration peut être assimilée à l’histoire d’Abraham ou encore aux grandes traversées spirituelles de l’histoire : laisser sa parenté et la demeure de son père pour aller vers le pays que l’on découvrira en marchant. C’est une épreuve de confiance absolue où la prière n’est plus un rituel dominical, mais un cri de survie.
La foi comme repère social dans le processus d’immigration
Une fois arrivée, la foi change de visage. Elle devient le pont. Dans la solitude des premiers mois, le lieu de culte, qu’il soit église, mosquée, temple ou synagogue devient bien plus qu’un espace de prière.
C’est le premier réseau de solidarité, l’endroit où l’on entend sa langue maternelle, où l’on retrouve des saveurs connues, et où l’on reçoit l’aide concrète pour naviguer dans un nouveau pays.
C’est ici que la foi se fait résilience. Elle permet d’accepter les déclassements professionnels, les hivers rigoureux et le sentiment d’étrangeté avec une forme de patience transcendante.
Généralement, des expressions telles que « le Seigneur pourvoira » ou « C’est un chemin nécessaire » deviennent des mantras qui transforment la souffrance de l’intégration en une étape de croissance.

Accepter de grands changements
L’immigration met aussi la foi à l’épreuve du pluralisme. En arrivant dans une société différente, la personne immigrante doit souvent revoir, voire même redéfinir sa pratique. Comment garder ses racines tout en s’ouvrant à la culture d’accueil ?
Ce métissage spirituel est une richesse. L’immigrant apporte avec lui une ferveur, des traditions et une vision du monde qui viennent fertiliser la terre d’accueil.
Sa foi n’est pas une relique du passé, mais une force vive qui s’adapte, qui se nuance et qui, parfois, se simplifie pour ne garder que l’essentiel : l’amour du prochain et la quête de sens.
L’espérance comme point de rencontre entre immigration et foi
La foi et l’immigration partagent le même moteur : l’espérance.
L’immigrant est celui qui voit un jardin là où il n’y a encore qu’un terrain vague.
Le croyant est celui qui voit la lumière là où règnent les ténèbres.
L’un comme l’autre refuse la fatalité du présent. Émigrer, c’est refuser que le lieu de sa naissance soit la limite de son destin. Croire, c’est refuser que la matière soit la limite de son existence.
Ensemble, ils dessinent le portrait d’une humanité en mouvement, courageuse, qui n’hésite pas à marcher vers l’horizon pour trouver une vie plus digne, portée par la certitude intérieure qu’il existe, quelque part, une terre de promesse.

J’appelle Hervé Njoya Ngou. Camerounais d’origine de la région de l’ouest plus précisément du département du Noun, immigrant au Canada. Après mes études secondaires, j’ai entrepris un parcours universitaire couronné par une maîtrise. Je suis actuellement chercheur en cycle de Doctorat Ph.D en sciences de l’éducation.
Je suis un enseignant passionné et j’aime bien faire du sport, écouter et faire de la musique, écrire, lire, et créer du contenu éducatif.
Je fais partie de la mission protestante de Montréal où je nourris ma foi en Christ. Je suis quelqu’un de très joyeux, sociable et surtout à l’écoute des autres au fil des années, j’ai développé une grande capacité d’adaptation.