Oser un regard différent

Un homme assis paisiblement regarde la mer.

Comment faire le Carême en 2024?

15 février 2024
Photo de Stéphane Godbout

Stéphane Godbout

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  • Foi - Pluralité religieuse
  • Spiritualité

Le Carême est bien plus qu’une tradition religieuse, c’est un chemin vers une foi en action, une méditation profonde, et une croissance personnelle.

Au-delà des vieilles traditions

Le Carême de mon enfance rimait trop souvent avec un sentiment de culpabilité, avec une punition collective et avec un mélange de peur et de peine pour la croix du Vendredi saint qui s’approchait inexorablement. Ce côté sombre du Carême m’a fait renoncer, pendant de nombreuses années, à toute considération pour cette période, et ce, bien qu’elle puisse être remplie de possibilités utiles et profondes pour le croyant que je suis.

Finalement, avec le temps, j’en suis venu à croire que le Carême pouvait devenir un temps sacré qui dépasse les nuances de la foi chrétienne et qu’il pouvait m’inviter à une réflexion plus profonde sur ma vie de foi au sein de notre monde en mutation.

En tant que croyant dans une société de plus en plus sécularisée et en proie à des crises multiples, cette période revêt maintenant une signification particulière. Les inégalités, les injustices et les défis environnementaux m’interpellent, et le Carême devient une occasion d’approfondir ma spiritualité enracinée dans l’amour du prochain et dans l’action concrète.

Découvrir de nouvelles pratiques

Le jeûne, traditionnellement centré sur la privation alimentaire, prend une nouvelle forme dans ma compréhension toute personnelle du Carême. J’envisage d’autres options, telles que la réduction de la consommation médiatique ou la modération dans mes habitudes quotidiennes, pour créer des espaces propices à la méditation et à la connexion au divin, ce qui m’apporte du sens et une paix intérieure qui renouvelle.

Aussi, l’appel à l’action concrète associée au Carême résonne avec force en moi, rappelant les paroles de l’épitre de Jacques dans le Nouveau Testament :

« La foi qui n’aurait pas d’œuvres est morte ».

Je trouve une connexion plus profonde avec Dieu à travers des actions pour autrui. Le Carême devient ainsi une occasion consciente d’agir, de renouveler mes engagements existants et d’explorer de nouveaux engagements envers la communauté et mes proches.

Ainsi, ma quête spirituelle au cours de cette période s’inscrit dans une exploration diversifiée, allant de méditations profondes à la lecture attentive de textes sacrés. Une introspection consciente qui guide ma croissance personnelle, qui cherche à comprendre comment ma foi interagit avec les complexités du monde moderne.

Le Carême comme source de libération

La diversité des interprétations et des pratiques du Carême au sein de la communauté chrétienne agit en moi comme une libération des traditions rigides. Je souhaite sincèrement que des valeurs telles que la justice sociale, l’inclusivité et l’engagement, des valeurs défendues par le Christ, éclairent mon chemin spirituel pendant cette saison de réflexion et d’introspection.

En fin de compte, le Carême devient pour moi bien plus qu’une tradition religieuse, c’est un chemin vers une foi en action, une méditation profonde, et une croissance personnelle ancrée dans l’amour et le service. Et vous, comment interprétez-vous cette période sacrée et comment envisagez-vous de vous engager et de grandir spirituellement au cours du Carême?

Une route représentant le chemin du carême.
* Photo de Tahir Khan, unsplash.com. Utilisée avec permission.
Photo de Stéphane Godbout

Actif au sein de l’Église Unie depuis 2013, Stéphane est célébrant laïc et célébrant laïc des sacrements depuis plusieurs années. Son engagement s’exprime principalement dans la paroisse de Sainte-Adèle et au sein du Ministère régional des Laurentides. Il est également membre du conseil d’administration et du comité exécutif du Séminaire diocésain de Montréal, ainsi que collaborateur de Mon Credo.

Stéphane affirme que sa vie a plus de sens, de joie, d’optimisme et de direction avec sa dimension spirituelle. Sa démarche repose sur une méditation continue de la vie, des écritures et des valeurs. Il s’intéresse à une spiritualité vivante et rassembleuse, qui énergise, apaise l’âme et s’enracine profondément dans la communauté. Il aspire à une foi simple, joyeuse et engagée, qui relève plutôt qu’elle ne juge. Les enseignements et les encouragements de Jésus-Christ constituent le cœur de sa démarche spirituelle.

Originaire de l’Abitibi, Stéphane a grandi dans les Laurentides à partir de l’adolescence. Engagé dans l’Église catholique durant sa jeunesse, dans la quarantaine, il a entrepris une démarche de recherche d’un milieu plus inclusif. Cette quête l’a conduit à l’Église Unie de Sainte-Adèle, où il a trouvé sa place et s’est pleinement investi depuis. Stéphane est maintenant à la retraite après une vie professionnelle bien remplie. Il a œuvré comme avocat et cadre supérieur dans le milieu de l’enseignement.

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