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Vignette de l'épisode Qui a peur de Halloween?

Qui a peur de l’Halloween?

19 octobre 2023
Stéphane Vermette

Stéphane Vermette

  • Famille et couple
  • Femmes
  • Foi - Pluralité religieuse
  • Peur
  • podcast
  • Religion(s)

L’Halloween est bien connu pour ses costumes et ses bonbons. Cependant, certains se posent des questions sur cette fête d’origine païenne.

Dans cet épisode, Joan et Stéphane explorent les raisons qui effraient certains chrétiens et l’impact des différences culturelles dans la compréhension de ce jour.

Site internet: https://questiondecroire.podbean.com/

ApplePodcast: podcasts.apple.com/us/podcast/question-de-croire/id1646685250/

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* Musique de Lesfm, pixabay.com. Utilisée avec permission. 

* Photo de Skyler Sawyer, unsplash.com. Utilisée avec permission. 

Transcription:

Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui aborde la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, qui a peur de l’Halloween?

Bonjour, Stéphane. Est-ce que toi, Halloween te fait un peu peur?

Un peu, oui, Ah oui? Ah oui, oui, oui, parce que c’est quand même le soir, il fait noir et lorsque je suis en voiture, il faut faire attention aux enfants qui ne sont pas toujours visibles.  

Lorsque j’ai passé, je passe parfois l’Halloween avec mon enfant. Parfois, il n’y a pas de trottoir. Les rues ne sont pas bien éclairées. Donc, ça fait toujours un peu peur. Il faut éviter les accidents ces soirs-ci.

Vous avez peur des accidents parce qu’il y a plein de gamins dans la rue.

Ah ben oui, et surtout j’habite dans ce qu’on appelle ici les banlieues, pas comme les banlieues en France, mais à l’extérieur du centre-ville, donc on peut avoir 50-60 gamins durant la soirée facilement.

Ah d’accord, ils font un peu les guignols avec leurs masques, ils sont excités par le sucre des bonbons. Alors c’est ça qui te fait peur en fait. C’est voilà, c’est la sécurité des plus petits.

Ben oui, parce qu’il y en a qui sont très petits.

L’arrivée de Halloween en France

Oui, c’est vrai. Alors moi, je dois dire que Halloween, j’ai pas du tout peur d’Halloween parce qu’on n’a jamais 50 ou 60 gamins dans la rue. Par contre, ce que j’ai remarqué, c’est que Halloween arrivait à faire peur à beaucoup d’adultes.

Et j’ai mis longtemps à comprendre où se situait le problème, parce que pour de vrai, c’est une fête qui est arrivée en France, en tout cas de mon côté de la France, c’est-à-dire du côté Est, au courant des années 2000.

Moi étant petite, Halloween en Alsace, je n’ai jamais entendu parler de ça.

Nous, on a le Saint-Nicolas, on a nos fêtes locales, on a les feux de la Saint-Jean, on a d’autres choses qu’on fait le soir, disons, la fête de la Saint-Martin, voilà.

Et même ma famille américaine, au fait, qui est donc essentiellement dans le Midwest, n’a jamais vraiment eu un grand attrait pour Halloween.

On ne nous a jamais envoyé des photos de la famille à Halloween. On n’a jamais eu des conversations à propos d’Halloween.

Et quand j’ai vu que ça arrivait en France, je me suis dit ah mais oui, c’est vrai, c’est ce que je voyais dans les séries américaines quand j’étais adolescente.

Il se passe toujours des trucs, il y a toujours des histoires d’amour le soir d’Halloween entre trois bonbons et une citrouille.

Mais en France, quand ça déferlait un peu au courant des années 2000 pour des raisons purement commerciales, je pense. Mais parce que les gens ont besoin de se marrer un peu, vu que l’actualité n’est pas toujours si drôle.

Ceux qui ont pris vraiment ce combat très à cœur, ce sont nos soeurs et frères, nos Adelphes évangéliques.

Halloween : une fête païenne devenue commerciale

Et je ne suis pas surpris parce qu’on a ce phénomène-là ici, en Amérique du Nord, depuis un peu plus longtemps, parce que c’est une fête d’origine païenne, ce n’est pas une fête d’origine religieuse, bien qu’elle soit célébrée la veille de la Toussaint.

C’est quand même une fête hyper commerciale. Depuis le mois de septembre, il y a les bonbons, les croustilles dans les magasins, les costumes. C’est le concours à la personne qui va décorer sa maison avec le plus de toiles d’araignée, de sorcières. Il y a un côté très commercial dans tout ça.

Je dois avouer que moi, c’est très bof. Moi non plus, ce n’est pas dans ma culture familiale.

J’ai grandi dans un petit village où les voisins étaient à un kilomètre. Donc, aller de maison à maison, ça ne valait pas la peine.

Et je suis dans une Église qui se soucie peu de ce sujet.

Par exemple, on avait une rencontre avec une équipe de publicité qui voulait nous aider à développer notre image à travers les médias sociaux. On s’est fait demander, est-ce que vous voulez qu’on mette quelque chose sur Facebook le 31 octobre pour l’Halloween?

Et nous, on a fait ce n’est pas une préoccupation comme pour certaines Églises plus évangéliques, baptistes, pentecôtistes, si on peut utiliser ce genre de qualificatif.

Effectivement, pour ces personnes, c’est vraiment très troublante cette célébration de la mort, cette célébration de la peur. Je ne sais pas qu’est-ce que ça vient chercher en ils, en elles, en ielles mais c’est vrai, c’est là.

Halloween et les sorcières

Alors ma mère, qui est une protestante réformée, libérale et féministe, c’est elle qui a initié nos filles à Halloween parce que nous on n’était pas intéressés pour des raisons essentiellement commerciales.

On trouvait qu’on a assez à faire en Alsace à partir de fin novembre jusqu’à la galette des rois, si tu veux, t’as déjà un mois et demi de célébrations, festivités, boustifaille, achats, consumérisme.

Donc on n’avait pas tellement envie d’en rajouter, d’autant que moi j’ai mon anniversaire en octobre, mon père aussi. Enfin je veux dire, c’est bon, nous on était assez nourris en termes de festivités.

Et comme ma mère aime bien tout ce qui a trait aux sorcières, parce que ben voilà, parce que tu es un peu féministe, les sorcières sont anti-conformistes et tout.

Elle n’arrêtait pas de leur acheter des costumes de sorcières et de les emmener se promener pour Halloween.

Ce qui, évidemment, a choqué plus d’un ou d’une paroissienne parce qu’il est déjà arrivé que nos filles racontent ou qu’elles reviennent d’expédition avec leurs petits chapeaux de sorcières, etc.

Et c’est à cette occasion qu’une amie évangélique que j’aime beaucoup et que je salue si elle nous écoute, m’avait fait comprendre, par voie détournée, je trouve d’une façon délicate, que ce n’était pas ok, puisqu’elle m’a dit « Tu sais, Joan, au centre socioculturel de cette semaine, j’ai désinscrite mes filles tel jour tel jour.”

J’ai dit « Ah bon? Bon bah écoute, c’est que tu avais le temps. »

“Ah non, non, ça m’a un petit peu ennuyée au niveau du travail, mais je ne pouvais pas la laisser faire les activités proposées”. Alors ça a tout de suite réveiller ma curiosité, tu vois, je veux dire, qu’est-ce qui peut bien se passer au centre socioculturel de si complexe?

Eh bien, c’était animation sorcière.

Tout ça, ça vient toucher un peu, bien sûr, le monde immatériel, le lien qu’on a, nous, les chrétiens et les chrétiennes, avec ce monde immatériel, les sorcières étant réputées pour avoir une aisance, une facilité à dialoguer avec l’immatériel aussi. Enfin, il doit y avoir toutes sortes de courants de sorcières.

Moi, je ne suis pas spécialisée en sorciérologie. Mais comment est-ce qu’on peut imaginer que ça pourrait influencer la vie spirituelle des enfants de fabriquer des petits chapeaux de sorcière, je ne sais pas, mais ce raisonnement se trouve là et m’intéresse et m’interpelle.

Halloween : Satan ou les bonbons

C’est l’idée de la contamination. Parce que, pour prendre un exemple, si on fait lire Harry Potter à des enfants, ils vont tous tomber dans la magie noire.

C’est comme si les gens n’avaient pas cette capacité de raisonnement, de faire la part des choses. C’est un petit chapeau en carton. On ne fait pas des incantations à Satan. C’est un roman, ce n’est pas un documentaire ou un tutoriel sur YouTube.

Mais il y a des gens que c’est tout ou rien. Il faut combattre tout ce qui est perçu comme mal et peut-être satanique, que ce soit réel ou perçu au point où j’ai déjà vu certaines communautés, au lieu de donner des bonbons, ils donnaient des dépliants religieux incitant les enfants et les parents compagnons de se tourner vers le Seigneur au lieu de célébrer les démons.

C’est des enfants qui vont chercher des bonbons. C’est des enfants qui se déguisent. Est-ce qu’on peut garder la mesure des choses? C’est souvent ça, moi, que je dis. Est-ce que ça peut être simple?

Le double standard de ce qui est acceptable ou non

Alors, c’est vrai que moi, j’ai un peu comme toi avec Harry Potter, qui maintenant est critiqué pour d’autres raisons. Donc, on ne va pas entrer dans ce débat-là. Peut-être pour un autre épisode, peut-être. Pour un autre épisode. Ah oui, on pourrait faire un épisode Harry Potter.

Mais disons, sans rentrer dans des grandes discussions sur Harry Potter, pour moi, il y a toujours ce double standard dans les milieux chrétiens que je trouve fascinant d’un point de vue de la chercheuse en théologie et tout, et totalement agaçant du point de vue de pasteur. J’imagine un peu toi aussi.

C’est regarde, Harry Potter, ce n’est pas OK. Le Seigneur des Anneaux, que moi ça m’a filé des cauchemars quand j’ai vu le premier film Seigneur des Anneaux, c’est OK.

Alors que le type qui a écrit Le Seigneur des Anneaux, il n’est pas beaucoup plus équilibré que la Rowling. Franchement, je pense qu’il ne faut pas délirer là-dessus. Bon, alors OK.

Ensuite, Halloween, ce n’est pas OK. En plus, souvent on nous dit c’est commercial, c’est vrai. Noël, c’est OK. En Noël, en termes de fêtes commerciales les amis, on a atteint le pompon quoi.

Et alors, moi je connais pas mal de familles évangéliques alsaciennes, Dieu les bénisse, et ben si tu vas chez elles, c’est tout bien décoré, le sapin, le truc, le machin, les bidules, des fois ça dégouline un peu de partout.

Mais ça en termes de déco, c’est ok. Mais les sorcières avec les petits chapeaux, les citrouilles et tout, ce n’est pas ok.

Moi je trouve que tout est too much dans tous les cas, tu vois.

Mais après, si ça leur fait plaisir et si ça leur amène, je ne sais pas, un petit objectif dans la journée, si ça leur twiste le quotidien, si ça leur permet de ne pas se focaliser sur leurs problèmes d’un point de vue de santé mentale, voilà, si ça leur ouvre d’autres espaces, moi je dis allez-y, allez-y les amis.

Halloween n’est pas dans la Bible

Et nous savons, en tout cas j’espère que nous savons, que la fête de Noël a de très grandes origines païennes qui a été christianisé par la suite. Mais, lorsque tu parles de double standard, c’est ça.

Noël, on peut faire un lien avec la Bible, c’est OK. L’Halloween, elle, ce n’est pas OK.

Mais si on avait une histoire biblique de quelqu’un qui se déguise pour avoir quelque chose, mystérieusement, ça deviendrait OK.

Effectivement, il y a un double standard. Et ce qui est bizarre là-dedans, pour continuer avec Harry Potter, le Seigneur des Anneaux et tout ça, c’est des grandes sagas de l’affrontement entre le bien et le mal.

C’est difficilement plus religieux, plus chrétien, mais un n’est pas ok, l’autre est ok. C’est vrai qu’il là-dedans.

La culture autour de Halloween

Ça me questionne et du coup, ça me fait faire des expérimentations. Donc, nous, quand on a changé de paroisse, quand on était à Sainte-Marie-aux-Mines, dans la vallée Vosgienne, on a fait plein de trucs, mais on ne s’était jamais intéressé à Halloween.

Et pour de vrai, ce n’était pas très développé, je trouve, à Sainte-Marie-aux-Mines.

Il faut aussi parler de quelque chose de très simple qui s’appelle la précarité humaine, qui s’appelle le fait qu’acheter 20 balles de bonbons pour les distribuer, en fait, surtout quand c’est la fin du mois, ça ne va peut-être pas être possible pour tous les foyers.

Quand t’habites une vallée, c’est des grandes distances, faut monter, faut descendre. Fin octobre, il peut déjà faire drôlement froid, comme tu dis, la sécurité.

À Sainte-Marie-aux-Mines, les trottoirs sont étroits, les voitures vont très vite. Il y a peut-être des milieux où ça se vit de façon un peu plus festive. Là, c’est plus compliqué dans une vallée, plus la précarité.

Quand on est retourné dans la banlieue de Strasbourg, qu’on avait quitté pendant dix ans, là, on a vu que c’était un truc. Il y avait, comme tu dis, des décos et tout. Ça s’est vachement calmé depuis. La crise est passée par là.

Halloween est moins sur la top liste des parents pour leurs enfants. Et on s’est dit, on va tenter un truc. Et on a mis un petit stand avec des bonbons et des lumières et tout.

Et puis, on a même organisé une année un atelier de bougies qu’on allait distribuer après aux voisins. Voilà, il y avait une petite dynamique, on avait envie.

Et après, finalement, je me suis dit, c’est une jolie expérience, mais on a affirmé quoi, en fait? On a fait quoi? On a fait de la contre-culture.

Je n’ai rien contre le fait de faire de la contre-culture. Ça peut être un appel. Chacun, chacune sait ce à quoi Dieu l’appelle.

Mais moi, je n’ai pas tellement envie d’avoir un ministère contre. Je préfère un ministère d’initiative, un ministère qui creuse son sillon. Je préfère, disons, cultiver une culture qui m’intéresse que de faire de la contre-culture.

Concernant Halloween, ça m’a amusée deux ans et puis après j’en ai eu marre.

J’ai trouvé qu’il faudrait que ce soit un grand projet d’Église, il faudrait que ce soit festif, il faudrait que ce soit marrant.

Mais dire aux gens ne vous amusez pas trop parce que peut-être que ce n’est pas complètement biblique, c’est complètement inaudible.

Proposer d’autres choses à côté, à d’autres niveaux, à d’autres moments, c’est plus mon appel déjà.

Les coûts associés à Halloween

Il y a des personnes qui n’ont peut-être pas envie de célébrer Halloween. Il y a des personnes qui n’ont peut-être pas les moyens. Il y a des personnes qui n’ont pas les moyens mais qui sentent qu’elles doivent le faire quand même. Il y a toute cette réflexion-là qui, naturellement, n’est pas là parce que c’est une fête commerciale, il y a la pression, il faut se dépasser.

Et c’est pour les enfants, donc il faut faire tous les sacrifices pour les enfants. Ces enfants-là, est-ce qu’ils ont vraiment besoin de 18 barres de chocolat et de 15 sacs de croustilles? Non.

Si c’était on donne à la banque alimentaire pour nourrir des enfants, ah là! Là, c’est autre chose.

Mais, naturellement, on ne peut pas faire une fête commerciale sur des bases de banques alimentaires. Naturellement.

Ce serait une belle nouveauté, en tout cas.

Halloween et la mort

Moi, ce que je comprends aussi de tout ça, c’est qu’en fait, la peur, faire peur, parler de la mort et des ossements desséchés, en fait, ça fait partie du discours biblique. C’est tout à fait notre cam comme on dit en français un peu, voilà.

Normalement, c’est notre cam et un, ça ne nous fait pas peur. La mort, bon. Les ossements, bon. Les mages, les mages, l’Ancien Testament est rempli de mages. Les personnes possédées, le Nouveau Testament est rempli de personnes possédées. Ça devrait être un sujet détendu, en fait, dans les traditions chrétiennes.

C’est là que je ne saisis pas très bien comment est-ce que Halloween a pu nous coiffer comme ça au poteau.

En fait, nous, on devrait être hyper détendus sur ces sujets et nos enfants, nos jeunes, nos personnes d’Église devraient à la limite même se sentir dans une zone de confort quand on parle de tout ça. Or il semblerait que ce n’est pas chrétien.

Et c’est là qu’on passe à côté d’une opportunité de dire, en fait, c’est chrétien, je ne sais pas, mais biblique, ça l’est.

La série télévisée Mercredi

Et j’aimerais quelque part aussi finir avec ce que moi j’ai apporté aujourd’hui, avec le goût que j’ai eu, comme vous dites chez vous, le plaisir que j’ai eu à regarder la série Mercredi.

Alors c’est sur Netflix et tout, c’est commercial, mais…

La série Mercredi, c’est hyper intéressant parce qu’elle dénonce la pensée suprémaciste blanche et postcolonialiste. Et elle dénonce aussi la chasse aux sorcières.

Parce que ça se passe, donc ce pensionnat un peu pour les bizarres, pour les frics, se trouve dans une petite ville dans laquelle se trouve un parc d’attractions consacré aux pionniers puritains du XVIIe siècle.

Et j’adore ce twist. J’adore le twist de se dire que ce sont les bizarres, les frics, les halloween style, disons, les gothiques, qui dénoncent ce puritanisme, qui en fait, on sait très bien ce qui se joue là derrière. De dire, c’est vous qui avez des cadavres dans le placard, les amis.

Nous, on est peut-être un peu bizarre, on vous semble étrange, on aime se mettre un petit chapeau de sorcière, mais c’est vos cadavres à vous qui posent problème dans le placard, ce n’est pas mon petit chapeau de sorcière qui est le nœud du souci et du combat spirituel à mener.

La place des marginaux

C’est un très bon point parce que Comme tu le soulèves, c’est des personnes dans la marge qui semblent faire peur. Les sorcières, des femmes qui semblent avoir du pouvoir, qui semblent avoir de l’autorité. Et elles ont été chassées, elles ont été exécutées, elles ont été associées aux démons et tout ce qui fait combat par une certaine hiérarchie et une certaine institution dominée par des hommes. On ne s’en sort pas.

Des gens plus à la marge qui essaient de trouver une place, essaient de trouver un espace pour eux, pour elles, pour iels. Et certaines Églises disent non, non, non, vous ne pouvez pas avoir cet espace. Le seul espace légitime, c’est le nôtre. Vous n’avez pas le droit à votre espace.

Et peut-être, justement, cet engouement pour l’Halloween, pour toutes ces manifestations associées à ce type de fête, au-delà du consumérisme, il y a peut-être une réponse à la religion chrétienne, aux grandes religions, qui ne font pas cette place-là.

Quand les Églises fondamentalistes organisent des maisons de la peur pour Halloween

J’ai le goût de te raconter quelque chose, Joan. Il y a certaines Églises fondamentalistes aux États-Unis, bien sûr, peut-être un peu au Canada, mais on voit surtout ça aux États-Unis, où ils utilisent cette culture d’Halloween, des gens qui essaient d’avoir peur, les adolescents surtout.

Ils créent ce que j’appellerais des maisons de la peur. Ils n’appellent pas ça comme ça, mais ils invitent les adolescents à venir avoir peur, mais ce qu’on leur fait peur, c’est d’un côté pas nécessairement macabre et lugubre, mais c’est un aspect plus sociétal.

On va vous montrer que si vous avez des relations non protégées avant le mariage, ah, le sida, ah, les grossesses non désirées, la promiscuité va vous mener une vie de débauche, la drogue, si vous touchez un joint de marijuana, vous allez vous retrouver dans la rue.

Donc, à la limite, il y a un peu une hypocrisie. On rejette l’Halloween, mais on utilise les codes pour passer son message social et un peu moralisateur aux adolescents surtout.

C’est ça, comme tu dis. En fait, ce qu’il y a à dénoncer dans tout ça, et j’aime bien que Mercredi, donc dans cette série de la famille Adams, le fasse à sa façon, c’est quand on veut faire peur à l’autre. Et si Halloween, c’est une fête pour faire peur aux enfants, alors c’est non.

Si c’est une fête pour avoir de la joie au cœur, alors c’est pourquoi pas.

Chacun fait ce qu’il veut de ses dents et de ses souches et le dentiste.

Si les Églises sont là pour faire peur aux ados, ben c’est non, quoi. Je veux dire, quel que soit le moyen qu’on utilise, si l’objectif c’est de faire peur, dans tous les cas, ben c’est non.

Conclusion

Et on va peut-être arrêter là-dessus parce qu’il faut acheter des bonbons.

Et j’espère que vous allez vous amuser sainement.

En passant, moi ce que j’aime faire le jour de l’Halloween quand je reçois des enfants, je m’habille en pasteur et ils sont médusés.

J’ose à peine dire non non je m’habille comme ça je ne suis pas déguisé mais ça c’est moi on s’amuse comme on peut toi est-ce que tu vas te déguiser Joha?

Mais c’est incroyable je n’avais même pas réalisé ce sera la première fois de ma vie que je vais passer Halloween aux USA puisque je vais rendre visite à ma famille à la fin du mois d’octobre.

J’ai été invitée avec ma troisième fille et donc je vais vivre cette expérience culturelle dingue et puis j’imagine que je vais pouvoir prier comme ça toute la nuit contre les forces sombre.

Non mais voilà, ça va me faire une bonne expérience et puis peut-être qu’après j’aurai encore d’autres éléments de discussion pour continuer le dialogue avec celles et ceux qui sont très mal à l’aise concernant les questions d’Halloween.

Et si vous avez des suggestions de thèmes, si vous avez des suggestions de déguisements, si vous avez des idées pour fêter Halloween, écrivez-nous questiondecroire@gmail.com .

Merci beaucoup à l’Église Unie, notre commanditaire.

Peu importe la plateforme sur laquelle vous écoutez, n’oubliez pas d’aimer, de partager, de laisser un commentaire, ça aide toujours pour le référencement.

Profite bien de ton voyage, Joan. Profite bien de ce temps en famille élargie.

Merci. À très bientôt.

Et on se reparle très bientôt. Au revoir.

Stéphane Vermette

Rév. Stéphane Vermette

Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, BluesSky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.

Joan Charras-Sancho

Joan Charras-Sancho

Joan Charras-Sancho est docteure en théologie protestante et pasteure. Active dans le canton de Vaud, elle accompagne les personnes migrantes et les communautés queers. Collaboratrice aux livres « Une bible des femmes » (2018), « Une Bible, des hommes » (2021). Son ministère cherche à créer des espaces d’écoute, de dignité et d’espérance pour chacun·e.

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