Explorer sa foi

Une coupe de vin et un morceau de pain pour une communion

La communion

19 avril 2023
Stéphane Vermette

Stéphane Vermette

  • podcast
  • Religion(s)

Quels sont les divisions entre les catholiques et les protestants sur le sujet de la communion.

Dans cet épisode, Joan et Stéphane se demandent si les enfants peuvent prendre la communion. La question de la communion sur internet est abordée. Ils réfléchissent sur les manières de conserver actuel le sacrement de la communion.

Transcription

Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, qu’est-ce que la communion? Bonjour Stéphane ! Bonjour Joan!

Qu’est-ce que la communion ?

Je trouve que c’est une question formidable et je remercie beaucoup l’auditrice qui te l’a confiée. Et immédiatement, ça me ramène à moi beaucoup plus jeune, à la vingtaine, à Uppsala, en Suède, en train de faire ma troisième année de théologie.

Et donc, j’étais dans cet environnement, j’apprenais plein de choses, le suédois, la théologie luthérienne. Et évidemment, j’avais aussi des copains, des copines avec qui on faisait des sorties, des trucs de jeunes.

Et il y en a un qui me dit « Ah mais tu sais, moi je suis catholique pratiquant ». Je lui dis « Ah mais génial, écoute si tu veux une fois que tu viennes avec moi à l’aumônerie des étudiants et puis une fois moi je viens avec toi à l’Église catholique ». Et donc je suis à la messe, normal je connais, moi j’ai une grand-mère catholique donc je me sens à l’aise, je suis.

Et puis au moment de la communion, de l’eucharistie comme aiment dire les catholiques, je suis allée pour communier parce que je me suis dit: De toute façon, le prêtre, il ne va pas remarquer que je suis protestante. J’avais juste ma croix huguenote. La croix huguenote, c’est ce que portent les Français et les Françaises qui sont protestants.

Et je me tiens devant le prêtre. Et le gars me fait non avec la tête. Et j’étais estomaquée parce que, en fait. Je n’y croyais pas. Je me suis dit, mais comment il fait ? Et mon collègue qui m’avait amenée là, il m’a regardée et puis il a regardé le prêtre et le prêtre a. Fait non avec la tête. C’était un no go.

Et c’est vrai que depuis, je me suis toujours dit, on ne peut pas dire que c’est la même chose. L’Eucharistie et la Sainte Cène, on voudrait que ce soit la même chose. Mais en fait, ce qui m’est arrivé là, c’est que j’ai compris que pour un certain nombre de personnes, ce n’est pas la même chose.

Refuser la communion aux protestants

Ça me fait penser moi aussi une anecdote. Il y a à peu près cinq ans, c’était lors de funérailles d’un jeune garçon homosexuel. Il était le copain de quelqu’un dans ma paroisse à l’époque. Malheureusement, il s’est suicidé. Il y avait les funérailles catholiques romaines et plein de gens de ma paroisse se sont présentés aux funérailles pour être en appui aux jeunes hommes de notre paroisse. C’est trop chou.

Et le prêtre, probablement parce qu’il ne reconnaissait pas plusieurs figures dans l’Église, a rappelé non pas une fois, mais deux fois durant le service religieux que seuls les catholiques romains avaient le droit de venir communier. Le message était archi clair.

Ça me questionne toujours l’enjeu de qui est admissible ou non à ce sacrement. Et je trouve qu’encore une fois la théologie passe avant la grâce avant le message de Jésus parce que c’est le Christ qui est supposé inviter à ce sacrement.

Ce n’est pas une église, ce n’est pas une personne, un homme, une femme qui préside. C’est supposé être le Christ qui dit venez partager ce moment avec moi. Mais il y a quelque chose qui cloche, on dirait.

Moi, c’est vrai que ce qui m’interroge parfois dans nos assemblées lutéro-réformées, c’est quand les gens restent dans les bancs, tu vois. Alors, je ne sais pas pourquoi ils restent dans les bancs, pourquoi ils ne se lèvent pas, pourquoi ils ne nous rejoignent pas. Ça leur appartient.

Mais moi, j’ai toujours super envie, quand je préside, s’il y a du monde, j’ai toujours envie de les appeler, de leur dire, mais venez rentrer au moins dans le cercle. Et je sais qu’il y a des collègues qui osent le dire, qui osent dire, écoutez, venez rentrer dans le cercle.

Et en même temps, j’ai eu un jour une expérience qui m’a un peu traumatisée avec des sœurs et des frères de la communauté du Chemin Neuf, qui est une communauté catholique à vocation œcuménique. Et ils font plusieurs vœux quand ils rentrent dans cette communauté.

Donc il n’y a pas que des célibataires, il y a aussi des familles qui rentrent en communauté. Mais tout le monde fait un vœu d’œcuménisme. Et ça, c’est hyper fort. Mais ça fait aussi que quand il y a des liturgies, des rituels qui concernent les catholiques, eh bien les protestants ne communient pas. Et quand ça concerne les protestants, les catholiques ne communiquent pas.

Parce que ce qui est très fort dans la communauté du Chemin Neuf, c’est qu’ils se soutiennent mutuellement. Donc ils viennent toujours en nombre. Et donc j’ai une amie que je salue, qui est pasteur mennonite Anne-Cathy Grabert, célibataire consacrée dans la communauté du Chemin Neuf.

Lorsqu’elle a été reconnue dans son ministère de pasteur, il y a ses sœurs et ses frères qui sont venus. Et d’un seul coup, à côté de moi, il y avait plusieurs personnes qui avaient mis les bras en croix sur leurs torses et qui regardaient le sol au moment de la communion.

Le choc Stéphane, je me suis mise à pleurer, je me suis dit mais… Ils ont l’air tellement tristes de ne pas communier et ils sont chez nous dans l’Église protestante et on les a invités et ils se privent de cette communion. Et pour ma foi c’était un choc, j’ai pleuré et après j’en ai parlé avec eux et ils m’ont dit mais oui on est tristes mais il faut qu’on obéisse.

On doit obéir aussi à notre église et on doit aussi montrer qu’il y a cette fracture. On ne doit pas la mettre sous le tapis, on doit l’assumer ensemble.

La présence du Christ dans la communion

Oui, on est désunis sur cette question de la communion. Pourtant… Cette histoire qui nous divise sur la communion qui est essentiellement la transformation pour, excusez-moi, je vais utiliser du vocabulaire technique, la transsubstantiation ou la cosubstantivation essentiellement.

Est-ce que l’hostie et le vin deviennent vraiment le corps et le sang du Christ ou est-ce une présence ou un acte de commémoration ?

Essentiellement, cette division-là date du 9e siècle de notre ère. Avant ça, pendant les premiers siècles de la chrétienté, on ne s’en souciait pas vraiment, ce n’était pas une question qu’on se posait, ce n’était pas sur le radar. Donc, encore une fois, on a affaire à une division créée par les êtres humains.

On se substitue, en quelque sorte, au message du Christ, à la volonté de Dieu. J’ai l’impression des fois qu’on dit non, non, non, non, non. Jésus a dit ça, mais nous, nous savons mieux. Nous comprenons mieux le message de Jésus ou du message de Dieu.

Nous, on contrôle ça. Et dorénavant, bon, c’est ça qu’il faut comprendre et c’est ça la vraie signification des mots de Jésus.

Les liturgies

Justement, en parlant des mots de Jésus, tu vois, moi j’ai fait une thèse de doctorat sur les pratiques liturgiques dans les paroisses luthériennes et réformées en France. Et c’est vrai que j’ai observé une grande diversité du côté protestant pour les paroles d’institution.

Et moi-même, dans la paroisse dans laquelle je suis à Zurich, en fait, je préside peu de Sainte-Cène. C’est surtout mon collègue qui les préside. Et lorsque j’en préside, j’ai tendance à le copier.

Et l’autre fois, il m’a fait une remarque. Je l’en remercie pour ça. Il m’a dit, mais t’es pas obligé de faire comme moi, en fait. Et ça m’a fait beaucoup réfléchir à cette histoire parce que…

il y a un grand débat entre celles et ceux qui pensent qu’il faut respecter les paroles originelles, dire exactement la même chose que Jésus, peu importe si les gens ne comprennent pas vraiment, celles et ceux qui font des mixtes, ou bien qui alternent, avec l’histoire des épis qui sont épars, etc.

Et puis il y a celles et ceux qui font preuve de beaucoup plus de créativité en disant que ce qui compte, c’est que Jésus parle à chacun et à chacune dans l’aujourd’hui de leurs jours, c’est-à-dire vraiment dans ce que les gens vivent maintenant. Et tu vois, moi, je n’arrive pas dans ma tête encore à faire un choix.

Et je me suis dit la dernière fois, quand j’aurai un petit peu de temps devant moi, c’est-à-dire je ne sais pas quand, mais j’aimerais sortir toutes les liturgies que j’ai et regarder un peu qu’est-ce qui me parle aujourd’hui. Essayer de discerner là-dedans comment Jésus me parle, en fait. Et j’ai l’impression qu’on passe toujours un peu à côté de ça, puisque ce qui. Et c’est passé ce soir-là bien spécifique.

Le soir de la Passion. C’est Jésus qui a parlé à ses. Disciples, qui ont utilisé les codes de leur époque, les mots qui les touchaient. Qui les a regardés dans les yeux. Qui a touché le pain, qui a attrapé la coupe. C’est-à-dire vraiment, il y a eu une vraie interaction. Si on ritualise ça trop, si on en fait une rubrique liturgique, il n’y a plus tellement cette espèce d’esprit d’interaction. Qu’il y avait au départ.

Le repas du Seigneur

Dans certaines paroisses que j’ai servies, j’ai remarqué ce côté très solennel, presque triste. Je disais, mais ce n’est pas des funérailles quand même. C’est le repas du Seigneur. Et souvent, je donnais l’exemple des enfants.

Traditionnellement, dans nos églises en Amérique du Nord, la communion est après la prédication. Donc, les enfants débutent avec l’ensemble de la congrégation. Il y a un temps pour les enfants. Les enfants quittent pour leur programme, pour l’école du dimanche et reviennent au moment de la communion. Et souvent, je dis aux enfants, il ne faut pas parler, il ne faut pas courir.

Ils sont heureux. Ils sont excités à venir à la communion. Je veux dire, ce n’est pas merveilleux ça? Est-ce que nous, on a cette même disposition? Est-ce qu’on ne pourrait pas apprendre à être excité?

Ça me fait penser, lors de mon service d’ordination, il y avait communion, ma jeune nièce qui avait 5-6 ans, Allô Julie, ma nièce voulait aller à la communion, comme tout le monde. Et le pasteur qui présidait avait dit. C’est du pain, c’est du jus. Elle était là, mais c’est du jus. Maman, c’est bon pour les enfants, c’est du jus, j’en veux. Tout ce côté merveilleux, tout ce côté d’excitation, est-ce qu’on ne pourrait pas le retrouver ?

Qui a accès à la communion

Justement, tu vois, ma grand-mère, paix à son âme, Mamie Janine Abuelita, qui nous a quittés il y a un peu. Plus d’un mois, quand j’étais petite et. Que j’allais à Barcelone, elle m’emmenait dans sa chapelle francophone.

Moi, j’ai toujours fréquenté des systèmes comme ça de communautés d’expats ou d’exilés francophones. Et je pense qu’une fois j’avais fait comme ta nièce, j’avais dû faire une patalette à une colère. Je voulais absolument avoir cette chose-là. Et elle m’avait gardé un petit bout. D’Hostie qu’elle m’avait glissé dans la main.

Et c’est vrai que du coup, quand j’ai découvert, redécouvert, peut-être pendant les études. De théologie, qu’il y avait un grand. Débat, une grande discussion, même à l’intérieur. Du protestantisme, sur l’accès à la sainte scène des enfants, je t’assure que j’ai pensé, on marche sur la tête.

J’ai découvert qu’en fait on avait mis en place des sous-rituels du baptême, c’est-à-dire la confirmation du baptême, et qu’on avait décidé d’éloigner les enfants de la Sainte Seine et d’attendre qu’ils et elles confirment leur baptême pour en récompense en quelque sorte les autoriser à communier la première fois.

Et lorsque j’ai découvert ça, j’étais atterrée. Alors vraiment, ça m’a semblé une hérésie. Je ne sais pas comment te dire, on est baptisé, on a accès à la Sainte Seine. Qu’est-ce que c’est encore que ces échelons qu’on s’invente ?

Par ailleurs, l’Église protestante unie de France, elle a décidé il y a une vingtaine d’années que toute personne qui est en chemin vers le Christ pouvait déjà communier.

Parce que ce qui compte, c’est de s’être mis en chemin vers le Christ. C’est toujours dangereux, de mon point de vue, de décider, même à l’intérieur de nos églises, même à l’intérieur de nos paroisses, qui mérite d’avoir accès à un sacrement. C’est quand même difficile à concevoir.

La communion durant la pandémie

J’aimerais revenir sur quelque chose que tu as mentionné sur l’importance de conserver la communion, ce sacrement-là, que ce soit l’Eucharistie, la Sainte Seine, actuelle. Parce qu’on vit dans un monde différent de celui de Jésus, je pense que tout le monde le sait.

Par exemple, un des enjeux, ça a été durant la pandémie. Qu’est-ce qu’on fait? Parce qu’en Amérique du Nord, tu me diras, en Europe, qu’est-ce que ça a été dans ton contexte. Ici, on s’est retourné rapidement. En l’espace de deux semaines, les gens avaient migré sur Facebook Live, sur Zoom, sur YouTube Live.

Ça allait, mais lorsque la question de la communion est arrivée, là, les gens ne savaient plus trop quoi faire parce qu’on n’était pas physiquement dans le même lieu. Et je trouvais ça un peu bizarre parce que moi, ce qu’on m’enseignait, c’est que le sacrement n’est pas nécessairement dans les éléments, il est dans l’esprit d’être ensemble.

Et je disais, imaginez ces grandes cathédrales où on a un prêtre à l’avant, la dernière personne au fond, il y a quand même une distance, mais ça compte toujours.

Alors, est-ce qu’il y a une limite de distance sur laquelle l’Esprit-Saint peut agir? Est-ce que l’Esprit-Saint est bloqué par les murs de nos édifices religieux ou pour l’esprit de Dieu, les distances ne comptent pas si on fait tout ça ensemble ? Et c’était un gros débat. Est-ce que vous avez eu ces débats?

Ouvrir le sacrement aux laïcs

C’est sûr qu’il y a eu une courte période où on a senti vraiment des crispations. Il y a certaines communautés et nous, dans la paroisse de mon époux, puisqu’à ce moment-là, moi, je ne servais pas en paroisse.

Donc, j’étais épouse de pasteur, mais aussi finalement en ministère avec lui. On s’est dit, on va le faire une fois. Donc, on a préparé avec notre petite équipe, toujours à distance et en faisant du montage et tout. Donc ça, c’était un vrai travail d’équipe. C’était déjà un temps de communion, en fait.

On a préparé un culte et puis on a demandé aux gens au début du culte de préparer du jus et du pain et qu’on allait tous communier ensemble pendant le culte YouTube.

Et on l’a fait, je crois, juste une fois et c’est un souvenir lumineux pour toute la paroisse. Donc nous, on n’a pas très bien compris pourquoi est-ce qu’il y avait eu tellement de controverses.

Mais il y a un certain nombre de pasteurs qui ont dit non parce que si les gens prennent l’habitude maintenant de communier chez eux, ils n’ont plus aucune raison de venir au culte. Et vraiment, ça m’a épaté quoi, parce que si les gens au contraire se sentent empouvoirés pour communier chez eux, peut-être qu’ils auront justement envie de le partager en communauté ou d’inviter des voisins ou de le faire tout simplement plus souvent et peut-être en famille quand ils sont, je ne sais pas, comme nous on a cette situation en Suisse, que les gens vont faire du ski.

Peut-être qu’ils sont dans leur chalet et puis ils vont enfin oser faire une sainte scène en famille, tu vois ? Et où est le problème ? Moi, je n’ai pas du tout compris où était le problème.

Mais le problème derrière, c’était toujours ce pouvoir d’un certain nombre de personnes qui avaient peur que, ben voilà, maintenant, si jamais ils s’émancipent, ils et elles ne soient plus dépendants des pasteurs, eh bien, ils et elles ne viendront plus à l’église. Et ça m’amène aussi…

Cette question de la fréquence de la Sainte Cène, c’est que lorsque j’ai servi comme pasteur bénévole dans la paroisse luthérienne Saint-Guillaume, au centre-ville de Strasbourg, dans le projet d’Église émergente que j’ai fondée et qui maintenant est autonome. On a bien vu que pour les paroissiens plus anciens, plus anciennes, ça leur faisait quelque chose.

Des personnes LGBTQ+, peut-être des personnes racisées, peut-être des personnes plus jeunes. D’un seul coup, ça leur faisait un vrai changement sociologique. Et le pasteur, mon collègue Christophe Cocher a décidé à ce moment-là de proposer au Conseil que la Sainte Seine soit maintenant hebdomadaire et donc on s’est mis à communier beaucoup plus fréquemment.

Et tout ça c’était pour dire aux gens en fait, bon ok, peut-être la sociologie change, peut-être tout ça, ça implique beaucoup de diversité théologique, mais il y a une chose, une chose qui reste et qui nous unira toujours, c’est la communion.

Une expérience sensorielle

Je crois que dans nos églises protestantes, peut-être que je fais une trop grande généralisation, on est très fort sur la théologie, on est très fort sur l’intellect, la parole, mais il y a quelque chose dans la communion, je trouve, qui est une expérience sans. Qui appelle à un autre côté de notre foie et que je trouve qu’on n’exploite pas suffisamment, du moins dans les milieux que je connais.

Il y a quelque chose qui dépasse les mots, qui dépasse l’intellect, qui va au cœur de nos tripes, de notre âme et je peux comprendre plusieurs personnes qui ont quitté l’Église pour toutes sortes de raisons, mais ils vont dire, je m’ennuie de la communion, je m’ennuie de ce moment, je m’ennuie de cette expérience de la présence de Dieu. Moi aussi, j’ai entendu ça.

J’ai déjà entendu des gens qui, par exemple, les divorcés, remariés catholiques, qui disent bon ben voilà nous on va plus à l’Église catholique puisque on n’y est plus les bienvenus comme avant et puis moi je leur dis mais en quoi vous n’êtes plus les bienvenus ben on est des divorcés remariés puis on n’a plus le droit de prendre la Sainte Seine alors c’est parce qu’ils obéissent.

Apporter la communion aux personnes malades

Ça aurait changé. L’idée c’est qu’à la fois ils veulent obéir et à la fois ça leur manque terriblement. Et puis on a aussi les personnes isolées, malades, âgées qui n’arrivent plus à se déplacer et qui n’osent pas toujours demander la Sainte Seine au ministre.

Et ça, c’est quelque chose à quoi je suis un peu attentive, des fois, de me dire, mais peut-être qu’elle le voudrait ou elle en aurait envie. J’ai une anecdote extraordinaire.

On m’avait demandé d’apporter la communion à un ancien de la paroisse qui souffrait de la maladie d’Alzheimer. Il était à peine présent, son épouse était là, j’étais là et j’ai dit, John, ça va être le temps de la communion. Est-ce que tu veux recevoir la communion? Et d’un coup, ses yeux sont ouverts, se sont illuminés, puis il a dit la communion.

Et c’était un moment merveilleux, un moment que je n’oublierai jamais pendant une fraction de seconde. Il était revenu à lui. Il s’est souvenu qu’est-ce que c’était la communion. Il était heureux. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas rien. C’est vraiment important.

Une communion à Cotonou

Et d’ailleurs, moi j’aimerais presque conclure cet épisode avec la plus jolie communion qui m’a été donnée de vivre ces dernières années. C’est lorsque j’étais à Cotonou, au Bénin, dans l’église protestante méthodiste du Bénin, avec justement une famille de ma paroisse.

Donc moi j’étais là-bas pour un dernier travail missionnaire à faire, réception d’un conteneur, et puis j’en ai profité pour aller voir une famille de la paroisse à Zurich et ils m’ont amenée dans leur temple familial, là où ils vont toujours, c’était un moment formidable.

Et figure-toi qu’après la longue veillée du dernier jour de l’an, le dimanche qui suit, c’est le dimanche des agapés, le dimanche où il n’y a pas de Sainte Cène et de communion parce que c’est la nouvelle année, c’est le moment d’inviter les voisins et les voisines.

c’est le moment de leur dire viens avec moi à l’église on va pas te demander d’où tu viens mais on va ensemble partager quelque chose et donc on a partagé et c’était en plein covid alors c’était assez rigolo on a tous partagé de la brioche donc on a reçu tout un morceau de brioche

Et puis là il y avait les mamans de l’église qui avaient des bassines avec des louches et elles te donnaient un verre et elle te servait de l’eau un petit peu avec du sirop avec leurs louches en plein Covid. C’était assez cocasse. Et tout le monde était si heureux et heureuse.

Et puis comme moi, j’étais invitée ce jour-là, bien sûr, j’étais pratiquement la seule blanche. Du coup, tout le monde avait vraiment l’impression que c’était très important d’avoir invité cette madame blanche qui allait maintenant manger son morceau de brioche avec mon verre en plastique.

Et je me suis dit, mais attends, ça, c’est vraiment, ça vient du cœur. Alors, d’accord, ce n’est pas, on n’a pas dit les paroles d’institution. D’accord, on n’est pas tout à fait dans le rituel, mais on est dans un tel partage que Jésus était là.

J’étais là et moi je me sentais complètement en communion avec les personnes autour de moi. Et d’ailleurs, c’était rigolo parce qu’on était encouragé à manger un peu de notre brioche et à donner un bout de notre brioche aux voisins et voisines, donc toujours en plein Covid.

Et il y a des tas de gens qui sont venus me donner des tas de bouts de brioche. Puis moi, très poliment, je les ai gardés. Mais bon, tu comprends, je ne les ai pas mangés.

Conclusion

Et je crois qu’à la suite de cette si belle anecdote, on va terminer notre épisode sur la communion. Merci beaucoup à notre auditrice qui nous a fait la suggestion. Si vous avez des questions, si vous avez des suggestions, on veut vous entendre, on veut vous lire. Questiondecroixacommercial.gmail.com. Merci à l’Église unie du Canada d’être notre commanditaire. Merci Joan, pour encore une fois ce merveilleux moment passé ensemble. Merci Stéphane. Et à très bientôt. À bientôt.

Mosaïque représentant des poissons et du pain pour une communion.
* Photo de Matt Meilner, unsplash.com, Utilisée avec permission.

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