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Stéphane Vermette

L’aide médicale à mourir – avec Stéphane Vermette

24 avril 2024
Stéphane Vermette

Stéphane Vermette

  • Pasteur-Prêtre
  • Religion(s)
  • Spiritualité
  • vidéo

Dans le cadre de la série Ma parole, Stéphane aborde le sujet difficile de l’aide médicale à mourir.

Selon lui, le rôle des Églises devrait être d’ouvrir la conversation sur le sens de la mort. Pour une personne croyante, cette étape n’est pas la fin de tout. Nous avons reçu une promesse d’une existence au-delà de la mort. Notre mission devrait être d’accompagner les gens dans la fin de leur parcours sur terre.

Transcription:

L’aide médicale à mourir est un sujet très chaud, très difficile.

Il y a beaucoup de personnes qui se posent des questions. Oui, il y a l’encadrement légal, qu’est-ce qui est permis, qu’est-ce qui n’est pas permis, mais d’un point de vue d’Église, d’un point de vue spirituel, il y a beaucoup de questions que les gens se posent et je crois qu’en tant que croyant, en tant qu’Église, on a quelque chose à apporter pour ouvrir et non fermer la conversation.

La mort n’est pas la fin de tout

Lorsqu’on a la foi, lorsqu’on croit au message de Jésus, on en arrive à croire que la mort n’est pas la fin de tout. Il y a une vie au-delà de la mort.

Qu’est-ce que c’est? On ne le sait pas. C’est un grand mystère. On aimerait le savoir. Malheureusement, personne, sauf Jésus, n’est revenu nous en parler.

Cependant, nous avons reçu cette promesse qu’il y a un niveau d’existence, qu’il y a une autre étape qu’on n’est pas capable de comprendre avec notre cerveau. Mais, c’est là qu’intervient la foi.

Et c’est ainsi qu’on peut cheminer dans cette réflexion de dire que on n’a pas nécessairement à avoir peur de la mort.

La mort est l’aboutissement naturel de notre existence sur la Terre. On ne peut pas s’en échapper. C’est une réalité.

Jouer à Dieu avec la mort

Certaines personnes disent, lorsqu’on parle de l’aide médicale à mourir, qu’on joue un peu à Dieu, qu’on accélère la mort. Moi, je dirais, on le fait déjà. On le fait déjà. On prolonge la vie.

Je vais prendre un exemple très personnel. Moi, il y a 200 ans, probablement je ne serais pas en vie maintenant à 53 ans: des allergies sévères, de l’asthme, je fais de l’apnée du sommeil, du diabète, du cholestérol… Mais tout ça est sous contrôle grâce à des médicaments, grâce à des appareils qu’on a inventés grâce au savoir humain.

Logiquement, on ne peut pas dire prolonger la vie c’est bon, mais à l’autre bout, non, non, non! On ne peut pas faire ça! Ce n’est pas la volonté de Dieu! Il faut avoir une certaine logique.

Pourquoi souffrir inutilement

Et de plus, je ne crois pas que Dieu veuille que l’on souffre. Je ne pense pas qu’on a des badges d’honneur, qu’on a des petites étoiles dans nos cahiers pour plus qu’on souffre, le plus longtemps qu’on souffre.

Il y a une question de dignité. Et je pense que c’est très important cette notion de dignité humaine.

Lorsque la décision se fait d’une manière éclairée, lorsqu’une décision se fait en conversation avec ses proches, je crois qu’il y a quelque chose de triste, bien sûr, mais il y a peut-être quelque chose de libérateur en même temps. Il n’y a pas ces réflexions de peut-être que, peut-être que si, j’aurais dû peut-être… La personne nous parle et je pense qu’en tant qu’Église, on a un travail d’accompagnement.

L’accompagnement dans la mort

Accompagner les personnes qui souffrent, je dirais quasiment c’est notre pain et notre beurre depuis le début de la chrétienté.

D’être là pour une personne qui dit: je suis prêt pour cette transition-là. D’être là pour rassurer. Être là pour tenir la main.

Ça peut être quelque chose de très puissant; ça peut être quelque chose de très beau; ça peut être un message de affirme que Dieu ne nous abandonne jamais dans la vie, dans la mort, dans la vie au-delà de la mort.

Un homme, prêt à mourir, regarde une lumière au loin.
* Photo de Ahmed Hasan, unsplash.com. Utilisée avec permission.

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