La surconsommation
Martine Lacroix
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Omniprésente dans nos vies, la surconsommation est alimentée par la publicité, les technologies et la quête de satisfaction immédiate. Ses conséquences touchent autant notre santé mentale que l’environnement, notamment par l’accumulation de déchets et la surexploitation des ressources. Adopter des habitudes de consommation plus responsables devient un enjeu essentiel pour l’avenir.
Table des matières
Dieu.e et la Mercedes
Connaissez-vous la chanson Mercedes Benz? Quelques jours avant son décès, survenu en octobre 1970, Janis Joplin interpellait Dieu.e afin de recevoir… une Mercedes-Benz!
Puis l’icône de la contre-culture d’enchaîner en priant l’instance divine de lui acheter également une télévision couleur, objet rare à l’époque.
Et pourquoi ne pas en profiter afin que « Lord » lui prouve son amour en payant la prochaine tournée lors d’une fête en ville. Beaucoup ont perçu dans le chant du cygne de la Mama Cosmique une dénonciation du consumérisme…
De consumérisme à surconsommation
C’est par l’entremise de mon cellulaire que j’ai chatouillé Google afin qu’il me livre sur un plateau d’argent les paroles de ce succès de Janis.
En 2026, notre téléphone ne fait-il pas figure d’animal de compagnie? Toujours à nos côtés, nous scrutant de sa lumière bleue afin d’exaucer nos moindres désirs… 24h/24!
Malgré son âge vénérable, mon iPhone 7 se montre un loyal serviteur. Pourquoi me procurer un iPhone 17? Comment il dit ça déjà Pierre-Yves McSween? « En as-tu vraiment besoin? »
Mais comment expliquer cette frénésie de vouloir toujours plus de biens matériels quitte à ce que nous asphyxie cette accumulation d’objets souvent inutiles.
En 2013, on pouvait dénicher un embryon de réponse dans un livre baptisé « Je consomme donc je suis? » Si le titre de cet ouvrage est vraisemblablement inspiré du « Je pense donc je suis » de Descartes, l’auteur semble cependant concevoir qu’il existe un sérieux problème à acheter … sans penser!
Des achats compulsifs qu’on appelle ça! Benoît Heilbrunn, bonze du marketing, a su résumer la complexité du sujet en peu de mots : « La pub nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu’on déteste pour se payer des m***** qui nous servent à rien! » Eh oui, il faut travailler fort pour faire rouler l’économie au risque de faire une sortie de route en négligeant notre santé.
Sur la plateforme TOUGO, le Mouvement Santé mentale Québec nous mettait d’ailleurs en garde contre cette « petite dose de dopamine, l’hormone du plaisir » que nous occasionne chaque achat.
De ces bonheurs fugaces découle une surconsommation englobant entre autres stress financier, relations sociales que l’on néglige par manque de temps et malbouffe engloutie en salivant sur les réseaux sociaux.
Quand se décidera-t-on à modifier notre mode de vie? Ne faut-il pas dès aujourd’hui envisager la déconsommation, phénomène s’apparentant à la simplicité volontaire?
Les publicités qui mènent à la surconsommation
Pour en revenir à la pub, en mars 2025, citant un rapport d’Équiterre, La Presse nous apprenait que « 21 milliards de dollars auraient été dépensés dans la publicité au Canada » pendant l’année 2023.
À combien de publicités une personne est-elle exposée par jour? Entre 4 000 et 10 000!
Ce chiffre monstrueux provient d’un article généré par Grenier « carrefour québécois de l’industrie des communications marketing ». Là encore, un examen de conscience ne s’avère-t-il pas nécessaire?
Selon Geneviève Rajotte Sauriol, consultante en communication responsable et co-fondatrice de Bleu forêt: « Je pense que l’industrie de la publicité est basée sur un modèle capitaliste obsolète et qu’il faudra revoir sa pertinence dans un monde où l’on consomme moins. »
Une des solutions ne consiste-t-elle pas à mieux encadrer la pieuvre publicitaire qui nous enserre à chaque fois que se posent nos pupilles sur nos cellulaires, ordinateurs, T.V. et tutti quanti?
Effets néfastes de la surconsommation sur l’environnement
Et où se retrouvent-elles ces babioles technos qu’on délaisse? Pas question de les jeter dans n’importe lequel bac bleu, vert, brun ou noir manipulé lors de l’habituelle collecte municipale.
Bien sûr, certains objets technos sont susceptibles d’être recyclés. Encore faut-il veiller à ce que l’opération s’effectue selon les règles de l’art.
Toujours selon l’OMS, dès 2019, on estimait que « sur les 53,6 millions de tonnes de déchets électroniques produites à l’échelle mondiale, seulement 17,4 % avaient été recensées comme étant officiellement collectées et recyclées ». Qui sont les principales victimes des activités de recyclage bâclées? Une main-d’œuvre vulnérable incluant même des enfants.
La mode et la surconsommation
Plutôt que de consulter le site de recyclage d’appareils électroniques Serpuariens afin de mettre le cap sur un point de dépôt près de votre domicile, peut-être préférez-vous pitonner sur Kijiji.
Sans quitter la chaleur de votre couette, en quelques clics vous pouvez vendre votre vieille tablette désuète afin d’amasser une rondelette somme qui servira à vous payer une quantité industrielle de chemisettes, chaussettes, bobettes à prix ridiculement bas, gracieuseté d’une quelconque entreprise de mode ultra-éphémère.
Plusieurs médias ont traité de ce fléau dont le magazine Clin d’œil. Mai 2026, la publication mode faisait état des tests effectués par des organismes indépendants un peu partout dans le monde sur des articles vendus par Shein, Temu et AliExpress.
Sans surprise, de hauts taux de substances dangereuses y avaient été décelés comme du plomb, des perturbateurs endocriniens et des polluants éternels (PFAS).
Peut-on encore fermer les yeux sur les dégâts de la surconsommation?
Même en enfouissant notre tête dans un tas de boîtes tatouées Amazon, parviendrait-on à éviter une confrontation avec les conséquences fatales de la surconsommation sur l’environnement?
Surexploitation des ressources naturelles, augmentation de gaz à effet de serre, pollution de l’eau, des sols et de l’air, dois-je interrompre ici l’énumération des catastrophes écologiques?
Tout d’un coup que « l’éco-fatigue » vous accable! En juin dernier, Le Devoir évoquait ce phénomène souligné par un sondage du 16e Baromètre de la consommation. Au moins 31,4% des personnes interrogées « se disaient fatiguées des leçons de morale sur l’environnement » et 29% « en avaient assez qu’on leur demande constamment de changer leurs habitudes ».
Parlant de morale, à quoi nous incite entre autres la Confession de foi de l’Église Unie du Canada? À vivre avec respect dans la création…

Sexagénaire, bénévoler au sein de l’organisme les Petits Frères, ainsi qu’Amnistie internationale. Membresse en règle du Collectif Échec à la guerre et de la Fédération des Femmes du Québec. Être alliée de Stella et des gens qui travaillent dans le domaine du sexe ou encore des personnes qui s’identifient à la communauté LGBTQ+.
Baccalauréat en littérature française et une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information, ça donne la piqûre de l’écriture, écrire encore et toujours des lettres ouvertes qui surgissent dans divers médias et collaborer par des textes avec Mon Credo, le Conseil régional Nakonha:ka et la collective de chrétiennes féministes L’autre Parole.