La politesse dans les transports publics
Marie-Silvenie Chery
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Dans les transports en commun, la politesse semble s’effacer devant l’hyperconnexion, la fatigue sociale et l’individualisme. Pourtant, de simples gestes comme lever les yeux, céder sa place ou offrir un sourire permettent de reconnaitre la dignité de l’autre.
Nous sommes invités à redécouvrir la politesse comme une valeur humaine et spirituelle capable de combattre l’indifférence et de transformer le quotidien.
Table des matières
Une indifférence devenue trop familière
Je travaille au centre-ville. Le transport en commun est devenu une nécessité pour moi. En toute franchise, ce n’est pas par choix écologique ou pour réduire les émissions de monoxyde de carbone (bien que je sois une militante). C’est simplement qu’il n’y a plus de stationnement nulle part.
Alors, je n’ai plus vraiment le choix : je dois maintenant me déplacer en autobus et en métro.
Tous les jours, le matin et le soir aux heures de pointe, je vois une scène devenue banale : des personnes âgées, fragiles, handicapées, debout et en difficulté – tandis que des adultes en pleine forme, en pleine vigueur, des jeunes absorbés par leur téléphone, restent assis, tête baissée, avec leurs yeux rivés sur leur petit écran, comme si l’autre n’existait plus.

L’indifférence ordinaire dans les transports publics
C’est vrai que tout le monde paie sa passe d’autobus. Personne n’est méchant. Absolument pas. Mais quelque chose s’est éteint : le réflexe de voir, d’honorer et de céder la place. En plus, il y a le problème du fameux sac à dos qui vient encombrer l’espace.
Il y a un problème de politesse dans l’air que je peux résumer à une perte du sens de l’autre.
Comment expliquer ce manque de politesse? Pourquoi avons-nous perdu ce réflexe?
Les causes d’un recul de la politesse
Ce que je peux comprendre c’est qu’il y a de l’hyperconnexion : la tête baissée et rivée sur son petit écran, le monde autour disparait.
Il y a aussi la fatigue sociale : après le travail, chacun se replie sur soi.
La peur de déranger l’autre et on évite le contact et en dernier lieu, il y a la culture du “chacun pour soi”- autrement on défend son espace.
Comment résoudre ce problème dans nos transports publics?
Je privilégie une approche spirituelle et pratique en ce sens comme : réapprendre à voir l’autre, pratiquer la bonté visible, enseigner la civilité comme une valeur spirituelle et témoigner par l’exemple.
La première conversation est celle du regard. Lever les yeux, sortir de l’écran et voir la personne devant soi. Céder sa place, offrir un sourire et demander : voulez-vous vous asseoir?
Ce sont des actes de résistance spirituelle contre l’indifférence. Il faut savoir que la civilité est contagieuse. Un seul geste peut susciter et réveiller la conscience d’un wagon entier.
La politesse : un témoignage de l’Évangile au quotidien
Dans un monde où les regards se détournent et où chacun protège son espace, l’Évangile nous rappelle que la vraie grandeur se mesure à la place que nous faisons à l’autre.
Céder son siège, lever les yeux et reconnaitre la fragilité, ce sont de petits qui portent la lumière du Royaume.
N’oubliez pas que là où la civilité renaît, la dignité se relève et Dieu trouve encore un chemin pour passer au milieu de nous.
Il est important d’enseigner la civilité comme une valeur spirituelle dans nos Églises, nos familles et nos communautés.
C’est notre ministère du quotidien.

Liturgiste et pasteure en formation. Marie Silvenie a d’abord suivi des études de linguistique appliquée en Haïti avant d’obtenir un baccalauréat en sciences infirmières à l’Université de Montréal. Elle a exercé le métier d’infirmière clinicienne, développant une approche holistique du soin de la personne (corps, âme et esprit) pendant dix-huit ans. Elle a ensuite obtenu un baccalauréat en théologie à l’Université McGill et une maîtrise en divinité à Montreal Diocesan Theological College.