Entretenir la discussion

Vignette de la vidéo sur la crucifixion de Jésus.

La crucifixion de Jésus – Jean 18: 1 à 19: 42

31 mars 2026
Stéphane Vermette

Stéphane Vermette

  • Dieu
  • Jésus
  • Message
  • mort
  • pâques
  • Pasteur-Prêtre
  • Péché
  • réflexion
  • vidéo

La crucifixion de Jésus est souvent présentée comme un sacrifice pour racheter tous nos péchés. Oui, la mort de Jésus était inévitable, mais peut-être pour d’autres raisons que nous pouvons très bien comprendre aujourd’hui.

https://youtu.be/sprewnXu07s

Courriel: info@moncredo.org

Les médias sociaux de Mon Credo.

La communauté WhatsApp.

Transcription:

Bonjour, Stéphane Vermette, pasteur de l’Église Unie, de retour avec ses petits cartons.

Merci d’avoir cliqué sur cette vidéo qui fait partie d’une série de vidéos pour le Carême 2026. Alors, si vous avez manqué les vidéos précédentes, vous pouvez toujours les retrouver sur la chaîne YouTube ou sur le site Mon Credo.

Le récit de la crucifixion selon l’évangile de Jean

Vendredi saint! C’est un temps de l’année liturgique très important. C’est l’histoire de la crucifixion de Jésus.

Chaque évangile a sa version. Cette année, c’est la version de l’évangile selon Jean qui débute au chapitre 18 et qui se termine au chapitre 19, verset 42.

Pourquoi cette version? Probablement parce qu’elle est plus longue, qu’elle offre plus de détails, mais il y a plus de problèmes.

Et lorsque je parle de problèmes, je ne parle pas nécessairement, pour ceux et celles qui ont grandi Catholiques romains, de la longue lecture de ce texte durant les offices du Vendredi saint, où chacune des personnes en avant avait des rôles et les paroissiens devaient jouer le rôle de la foule et dire « Crucifiez-le! Barrabas! Barrabas! » Le problème se trouve dans le contenu de ce texte.

Lorsque les trois premiers évangiles, Matthieu, Marc et Luc, ont été écrits, les juifs et les chrétiens appartenaient encore un peu à la même famille. Même s’il y avait des dissensions, même si la distance augmentait, c’était quand même la même famille.

Mais lorsque l’évangile selon Jean a été écrit, on peut dire que le divorce avait été prononcé. Les juifs étaient un autre groupe que ce qu’on appelle aujourd’hui les chrétiens, et c’était comme si les juifs appartenaient à l’autre camp, ceux et celles qui avaient rejeté Jésus.

Et ça paraît parce que dans le récit de la crucifixion de Jésus, ce sont les Juifs qui demandent sa mort. Ce ne sont pas les Romains qui étaient quand même en charge de l’État, de faire appliquer la loi. Ce n’est pas Ponce Pilate.

D’ailleurs, Ponce Pilate… On a certaines sources historiques qui indiquent, lorsqu’il a été nommé en Syrie, l’empire romain l’a retiré parce qu’il le trouvait trop sanguinaire et trop violent. Donc, on n’a pas vraiment le genre de type qui avaint peur des Juifs.

C’est les Juifs, ici, qui demandent la crucifixion de Jésus et ce qui a mené à beaucoup de thèses antisémites.

Aimez et abonnez-vous

Avant d’aller plus loin, Je vous invite, si vous aimez cette vidéo, à liker. Activez les notifications pour recevoir une alerte lorsqu’il y a des nouvelles vidéos. Si ce n’est pas encore fait, abonnez-vous à la chaîne YouTube.

Vous pouvez aussi consultez moncredo.org où il y a des blogs et des podcasts sur des sujets de foi et de spiritualité.

Vous pouvez faire toutes ces choses-là, ça ne coûte rien, ça prend quelques instants et ça nous permet de continuer à faire des vidéos, continuer ce projet et de savoir si ça vous intéresserait d’avoir plus de vidéos de ce genre.

C’est un projet pilote pour le Carême, donc on veut une rétroaction. Ça serait très apprécié.

Les problèmes de la compréhension traditionnelle de la crucifixion

Comment comprendre la mort de Jésus? Comme j’ai dit plus tôt, la version traditionnelle, c’est le sacrifice pour acheter tous les péchés de l’humanité et ces péchés sont tellement grands qu’il y a juste Jésus qui peut le faire.

Moi, je trouve ça problématique parce que pourquoi Dieu a besoin d’un sacrifice humain pour nous pardonner? Dieu est supposé être un Dieu d’amour, pas un Dieu sanguinaire. Pourquoi demander la crucifixion de son fils? Moi, si on me demandait la vie de mon fils, la réponse serait non.

Ça nous pose la question, quelle était vraiment la mission de Jésus? Est-ce que sa seule raison d’être était de mourir sur la croix? Si on répond oui, qu’est-ce qu’on fait avec tout le reste des évangiles? Est-ce que c’était un long prologue? Est-ce que c’était juste un préambule?

Jésus a été crucifié en raison des péchés de notre monde

Je dois avouer que j’avais ces questions et j’ai recherché pendant longtemps. Et c’est la lecture du livre de Marcus Borg et John Dominic Crossan qui m’a donné une nouvelle interprétation. Et ce n’est même pas la thèse de leur livre, c’est quelque chose qu’ils mentionnent au détour d’une phrase.

Je l’ai traduit.

Jésus n’est pas nécessairement mort pour nos péchés, mais Jésus est certainement mort en raison des péchés de notre monde.

La tentation humaine de faire taire ceux et celles qui dérangent

Et cette phrase a vraiment tout changé pour moi, m’a ouvert à toutes sortes de réflexions.

L’être humain n’a pas vraiment changé en 2000 ans.

Quand une personne dérange aujourd’hui, quand une personne parle trop, quand une personne conteste, quand une personne remet en question le système, ce qu’on fait habituellement, c’est d’essayer de faire taire ces personnes.

On aime bien les personnes qui contestent, mais jusqu’à un certain point, jusqu’au moment où il y a une menace réelle à l’ordre établi pour ceux et celles qui sont en position d’autorité.

Et lorsqu’on lit les évangiles, on doit constater que Jésus est un contestataire de première classe. Il critique constamment les autorités. Il remet toujours en question les enseignements de l’establishment religieux.

Il proclame une nouvelle façon de voir les choses. Il insiste sur le fait de partager, de pardonner sans limite. Il parle d’un nouveau royaume où l’ordre des choses seront renversés. Les premiers seront les derniers, les derniers seront les premiers.

Le message clair de la crucifixion en public

Et lorsqu’on réfléchit deux secondes, on peut facilement comprendre que les dirigeants de cette époque étaient profondément perturbés par un tel message. C’était évident que l’histoire ne pouvait pas bien se finir.

Jésus vivait dans une époque violente où on n’avait pas des travaux communautaires lorsque c’était le temps de condamner quelqu’un ou bannir des médias sociaux. Il n’y avait pas de culture de l’annulation. Non.

Dans l’empire romain, la façon la plus simple et la plus efficace pour faire taire quelqu’un, c’était de le tuer, tout simplement.

La crucifixion de Jésus est un peu plus qu’une simple mise à mort. Il y a un message clair ici parce qu’on fait cette exécution dans un lieu public. C’est une exécution humiliante.

Ce n’est pas de couper la tête de quelqu’un comme Jean Baptiste dans le fond d’une prison, puis bon, la rumeur se répand, c’est tout.

Non, non. On va en plein public. On cloue la personne sur une croix et on attend que la personne crève et sèche sur la croix.

Et le message est essentiellement, si vous voulez suivre les pas de cette personne, vous savez ce qui vous attend.

La crucifixion : une histoire pour aujourd’hui

Et c’est peut-être pour cette raison que je dirais que la crucifixion, c’est une vieille histoire, mais c’est aussi une histoire d’aujourd’hui.

Combien de fois on a voulu crucifier une personne? Je ne dis pas littéralement. Je pense que vous comprenez ce que je veux dire. Combien de fois pour se débarrasser de quelqu’un qui parle trop, qui a un message déstabilisant, qui confrontent nos valeurs et nos actions, on a eu ce réflexe-là de vouloir faire taire cette personne?

Et c’est peut-être ça le message ici. Et c’est peut-être ça la raison pour laquelle on célèbre le Vendredi saint toutes les années. C’est parce que c’est une histoire qui est toujours d’actualité.

Merci encore, aimez, abonnez-vous et on se revoit pour la vidéo de Pâques. Au revoir!

Auteur

Stéphane Vermette

Rév. Stéphane Vermette

Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Bluesky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.

Si vous aimez ce contenu, partagez-le.