Oser un regard différent

Vignette du blogue viande ou végétarien

Doit-on manger de la viande ou être végétarien?

22 avril 2026
Photo de Martine Lacroix

Martine Lacroix

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Probablement depuis le début de l’humanité, la viande est au cœur de notre régime alimentaire.  Cependant, cette diète est de plus en plus remise en question. Outre les considérations écologiques et économiques, notre foi peut-elle occuper un rôle dans la décision de manger de la viande ou choisir d’être végétarien?

Que mangeait Jésus?

Pâques 2026 est maintenant derrière nous.

Si vous êtes en train de parcourir un blogue spirituel en rotant vos restes de jambon à l’érable et à l’ananas confits ainsi que votre lapin en chocolat aromatisé de cadmium, cette fête représente peut-être autre chose pour vous qu’un congé payé ou encore la renaissance de la nature après un hiver sans pitié.

Puis, comme Jésus et ses apôtres, vous avez probablement cassé la croûte en compagnie de vos personnes favorites.

Légère différence avec la Sainte Cène, le lendemain des bombances, probablement qu’aucun des convives ne manquait à l’appel pour cause de crucifixion.

L’illustre dînette, immortalisée par Léonard de Vinci et combien d’autres, met en vedette pain et vin.

En ce qui concerne la présence de l’agneau, le mystère demeure. Mises à part ces substances, que mangeait le héros du jour?

Jésus, un flexitarien

À l’époque biblique, McDo, Tim Hortons, Burger King et cie ne faisaient évidemment pas partie de l’offre alimentaire.

Aucune tentation digne de celle vécue par Ève ne pouvait donc mener les ventres vides sur la démoniaque route de la malbouffe.

Quant à l’étiquetage nutritionnel, puisque là aussi absence il y avait, aucun risque d’avoir à se confesser pour absorption de produits à haute teneur en sodium, sucre ou gras saturé.

Se nourrir de façon saine se révélait donc plus facile qu’aujourd’hui. Plantes, céréales, légumineuses, poissons et, occasionnellement de la viande, voilà de quoi se composait la diète de Jésus et ses semblables.

Bref, tout pour réjouir les bonzes du Guide alimentaire canadien. Vive le flexitarisme!

La consommation de viande dans la Bible

Au sujet de la nourriture carnée, que nous apprend la Bible? Euh, pas grand-chose.

Les boucheries n’existaient pas et l’on consommait surtout les bêtes lors des sacrifices.

On suggère aussi que la consommation de viande n’était pas accessible à tout le monde.

Clin d’œil à Jacques, « l’homme avec un anneau d’or et un habit magnifique » avait surement plus de chance d’y mordre à belles dents que le « pauvre misérablement vêtu »

En décembre 2023, un journaliste de La Presse s’interrogeait à savoir si Jésus était veggie.

Les experts cités y croyaient à ce retour « à l’alimentation prédiluvienne, soit celle du jardin d’Éden », suite à l’arrivée du Messie.

Le théologien James Tabor soutenait aussi que l’ire de Jésus à l’endroit des marchands du temple, où des animaux étaient abattus et vendus, exprimait sans aucun doute « son opposition à la consommation de viande ».

Quant à Sébastien Doane, théologien de l’Université Laval, il affirmait que « jusqu’à Constantin, plusieurs auteurs chrétiens vont dire que la façon d’être chrétien, c’est d’être végétarien. » 

Mouton en route vers l'abattoir pour devenir de la viande.
* Photo de Mathieu Odin, unsplash.com. Utilisée avec permission.

Chrétiennement correcte, la consommation de viande?

Deux passages de la Genèse sont souvent cités quand il s’agit de bouffe. 

Les carnistes brandiront l’extrait qui comprend « tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture : je vous donne tout cela comme l’herbe verte ».

À cela, les adeptes du végétarisme répondront par celui « où toute herbe portant de la semence (…) et tout arbre ayant en lui du fruit : ce sera votre nourriture. »

En tant que chrétienne, je coche la seconde option.

D’ailleurs, il dit quoi déjà le sixième commandement du Décalogue? Tu ne tueras point.

Peu importe les raisons qui motivent l’acte d’enlever la vie, comment celui-ci pourrait-il être dépourvu de brutalité?

De plus, nous savons que l’être humain, en tant que primate omnivore, peut vivre en parfaite santé sans consommer une once de chair animale.

N’existe-t-il pas une quantité impressionnante d’études qui démontrent que le végétarisme réduit le risque de maladies cardiaques, diabète, d’hypertension artérielle, etc.?

Et comment ignorer les écologistes de tout acabit qui nous mettent en garde, cela depuis des décennies, contre les conséquences apocalyptiques du réchauffement de la planète?

Parmi les fautifs, les gaz à effet de serre issus de l’élevage, lequel se déroule parfois dans des conditions abominables pour les animaux de ferme, sont souvent pointés du doigt.  

En terminant, que penser du mouvement antispéciste? Cela ne se rapproche-t-il pas de Qohélet 3, 18-21, inclus dans l’Ancien Testament, où l’on retrouve ces mots : « le sort de l’homme et celui de la bête sont identiques : ils meurent tous les deux, ils ont tous un même souffle et la supériorité de l’homme sur la bête est nulle, puisque tout n’est que fumée. »

En regard des connaissances actuelles, un Jésus influenceur culinaire n’aurait-il pas encouragé les millions de gens qui le suivraient sur ses réseaux sociaux à éliminer la viande de leur régime alimentaire ou, du moins, la réduire considérablement?

Sur le site cath.ch, un portail catholique romand, l’étasunien Bruce Friedrich, chrétien et célèbre militant pour les alternatives végétales à la viande, a déjà proclamé que « consommer de la viande, c’est faire affront à Dieue, car cela revient à traiter ses créatures comme autant de boîtes dans un entrepôt. »

Au Québec, en 2015, on modifiait d’ailleurs la législation afin que les animaux ne soient plus considérés comme des « biens meubles », mais plutôt comme des « êtres doués de sensibilité ».

Ne pas tuer pour s’alimenter

Quel délice que ce bagel au fromage à la crème garni de tranches de saumon fumé, lequel je déguste en rédigeant ce texte.

Eh oui, même si je ne me sustente presque jamais de viande rouge et rarement de volaille, je n’ai hélas pas encore réussi à me passer de poissons et fruits de mer.

Je rêve cependant du jour où, comme la comédienne Patricia Tulasne, l’une des autrices du bouquin VÉGÉTARIENS … MAIS PAS LÉGUMES!,  je vais m’endormir en me disant « qu’aucun être vivant n’est mort pour moi aujourd’hui » …

Photo de Martine Lacroix

Sexagénaire, bénévoler au sein de l’organisme les Petits Frères, ainsi qu’Amnistie internationale. Membresse en règle du Collectif Échec à la guerre et de la Fédération des Femmes du Québec. Être alliée de Stella et des gens qui travaillent dans le domaine du sexe ou encore des personnes qui s’identifient à la communauté LGBTQ+.

Baccalauréat en littérature française et une maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information, ça donne la piqûre de l’écriture, écrire encore et toujours des lettres ouvertes qui surgissent dans divers médias et collaborer par des textes avec Mon Credo, le Conseil régional Nakonha:ka et la collective de chrétiennes féministes L’autre Parole.

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