L’entrée à Jérusalem de Jésus – Matthieu 21: 1 – 11
Stéphane Vermette
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L’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem est l’une de ses histoires bibliques très connues. Lorsqu’elle voit Jésus entrer dans la ville, assis sur un âne, la foule l’acclame tel un sauveur qui va la délivrer des Romains.
Aujourd’hui, on pense que ces gens se sont trompés royalement. Et si je vous disais que la foule savait exactement ce qu’elle faisait.
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Table des matières
Transcription:
Bonjour, Stéphane Vermette, pasteur de l’Église Unie du Canada, de retour avec ces petits cartons pour une réflexion aujourd’hui sur ce moment de la Bible important.
Merci d’avoir cliqué et aimez cette vidéo qui fait partie d’une série de réflexions pour le Carême. C’est un projet spécial. Si vous appréciez, si vous voulez que l’on continue à offrir ces réflexions tout à fait gratuitement pour tout le monde, dites-le-nous et ça nous fera un plaisir de continuer.
Le dimanche des Rameaux
Et oui, déjà le dimanche des Rameaux. C’est le début de la Semaine sainte et c’est, comme j’ai dit, l’entrée de Jésus à Jérusalem. C’est un texte qui revient d’année en année.
Chacun a plus ou moins sa version dans les évangiles. Nous utilisons la version de l’évangile selon Matthieu, chapitre 21, les versets 1 à 11.
C’est une histoire qui revient toutes les années. Pour reprendre un peu la blague, l’expression de Benjamin Franklin qui disait il y a deux certitudes dans la vie, la mort et les taxes. Mais on pourrait rajouter le dimanche des Rameaux et l’entrée de Jésus dans Jérusalem.
C’est toujours essentiellement le même texte au point où plusieurs pasteurs se grattent un peu la tête pour dire qu’est-ce que je vais raconter d’original cette année pour essayer d’éviter de répéter les mêmes clichés.
La lutte professionnelle et l’entrée à Jérusalem
Ce que j’ai à vous proposer aujourd’hui, c’est de débuter avec la lutte professionnelle. N’arrêtez pas, n’arrêtez pas! Restez avec moi. Donnez-moi une chance, allez voir, il a un lien, OK?
La lutte professionnelle, c’est un spectacle, c’est un peu comme le théâtre, c’est un peu comme le cinéma. Il y a des codes, il a une façon de faire.
Les lutteurs c’est des personnages, comme au théâtre, comme au cinéma.
Le combat, c’est une mise en scène, c’est scripté comme au théâtre, la fin est décidée d’avance. Il y a toute une narration là-dedans. Et le but, c’est de divertir. Tout simplement.
C’est Umberto Eco qui dit que pour apprécier un spectacle de lutte, il faut accepter les codes, il faut rentrer dans le jeu.
Et la personne dans l’auditoire, dans la foule, qui est naïve, ce n’est pas la personne qui accepte les codes, qui rentre dans le jeu, qui se laisse aller dans l’émotion.
La vraie personne naïve, c’est celle qui pense qu’elle a raison et que tous les autres ne comprennent pas.
C’est un peu comme moi, je comprends que c’est scripté, que c’est arrangé. Mais les autres ne comprennent pas. Les autres sont tous des niaiseux, des niaiseuses. Moi, être supérieur, je comprends. Tandis que, en réalité, tout le monde comprend.
La foule de Jérusalem connaissait son histoire
Et le lien entre la lutte professionnelle que je fais et l’entrée de Jésus à Jérusalem, c’est que souvent, on aime dire, que les gens à l’époque n’ont pas compris ce que Jésus faisait. Les gens de Jérusalem, ils voulaient un sauveur, un guerrier, un messie qui était pour prendre les armes et combattre les Romains, les délivrer du joug des Romains par la force. Ça va être un roi puissant.
Nous comprenons que Jésus, c’était autre chose qui offrait. Nous sommes intelligents. Nous ne sommes pas arriérés comme les gens de 2000 ans. Nous, comprend le message de Jésus, un message d’humilité, une autre façon d’être au service des autres. Nous, on est intelligent. Eux sont des niaiseux. Eux, ils ne sont pas évolués. Eux, ils sont naïfs.
Mais moi, pense fortement que c’était le contraire, que les gens comprenaient exactement ce qui se passait et ont réagi en conséquence.
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Revenons à notre texte.
Jésus entre à Jérusalem durant la Pâque juive
Jésus entre dans Jérusalem, mais pas à n’importe quel moment. À un moment quand même assez précis. C’est la célébration, c’est le festival de la Pâque juive.
La Pâque juive, c’était, je crois que ça l’est encore, un festival nationaliste très important. C’est l’histoire essentiellement de la sortie d’Égypte lorsque les Israélites, les Juifs, qui était en esclavage.
Ils n’y avaient pas de ressources. Moïse arrive et réussit à libérer son peuple des Égyptiens qui étaient quand même une super puissance de cette époque-là. Et ça n’a pas été facile, ça prit beaucoup d’efforts, mais grâce à leur détermination et grâce à l’aide de Dieu, le peuple retrouve sa liberté.
Donc, il y a quelque chose qu’on peut bomber le torse. On est peut-être petit, on était peut-être faible, mais avec Dieu de notre bord, on peut tout faire.
Et le festival de la Pâque juive, à cette époque, ça durait à peu près une semaine. Tant qu’à aller à Jérusalem, on va rester là quelques jours. Des fois, on dit ça.
Mais pendant cette semaine-là, selon ce qu’on comprend, certains historiens ont avancé, la population de la ville était multipliée par quatre.
Montréal, par exemple, c’est quoi grosso modo deux millions d’habitants. Imaginez, pendant une semaine, il y a huit millions d’habitants en Montréal.
Alors, il y a quelque chose d’électrique dans l’air. Il a un esprit de carnaval.
Quand je parle de carnaval, je ne parle pas du bonhomme carnaval, puis la fête de l’hiver, mais c’est le carnaval où on fête, on se livre à des excès, on est prêt à renverser les codes. Les gueux peuvent se prendre pour les rois, les rois peuvent se prendre pour des gueux.
Il a toute cette atmosphère-là.
Jésus exploite les bons codes pour son entrée à Jérusalem
Et Jésus rentre dans la ville. Le texte, qu’est-ce qu’il nous dit ? Verset 7 : Les disciples amenaient l’ânesse et l’ânon, posèrent leurs manteaux sur eux, et Jésus s’assit dessus. Verset 8 : Une grande foule de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin, d’autres coupaient des branches aux arbres et les mettaient sur le chemin.
Qu’est-ce que c’est cette histoire-là? Pourquoi les personnes ont agi de cette façon?
C’est que les personnes connaissaient leur histoire, connaissaient les écrits bibliques suffisamment pour se souvenir que dans le livre du prophète Zacharie, il avait une prophétie qu’un nouveau roi était pour arriver assis sur un cheval, âne et qui était pour libérer son peuple.
Les gens aussi avaient vu les gouverneurs romains, les grands généraux de différentes armées, arrivaient sur leur destrier, leur cheval de guerre, entourés de soldats armés dans une espèce de procession, une démonstration de force pour bien montrer c’était qui qui était en charge, c’était qui le boss c’était qui qui dirigeait et pour un peu intimider les gens qui peut-être auraient le goût de contester un peu. Regardez, là, on est forts. Gardez votre place.
Et ces gens-là avaient vu ça, comprenaient les codes, les messages durant ces processions et voient arriver ce Jésus-là, qui se comporte comme dans la prophétie, qui se comporte comme les gouverneurs romains, les grands généraux.
Ils comprennent qu’il utilise les codes, mais qu’il les renverse un peu dans l’esprit du carnaval, qu’on renverse les codes.
La foule de Jérusalem était insatisfaite de ses dirigeants
Et en renversant les codes, on démontre que l’autorité qui était là, c’était un peu hypocrite. Ça ne reposait peut-être sur pas grand-chose. C’était des incompétents. C’était des étrangers que personne n’aimait.
Et la foule, peut-être, s’est dit tant qu’à avoir des dirigeants qui sont justement incompétents, violents, ineptes, qui font n’importe quoi, mais on serait peut-être mieux avec quelqu’un d’autre. Comme on dit parfois de nos dirigeants, on regarde ça, puis il y a des scandales financiers, de l’argent mal géré, des programmes tout croches.
Puis on se dit, mais coudonc, on pourrait prendre le troisième voisin, puis il me semble que ça ne pourrait pas être pire, hein?
La foule s’est dit tant qu’avoir n’importe quoi, pourquoi qu’on ne pourrait pas, ça pourrait pas être cet homme-là, assis sur un angle, qui est un nobody, qui n’a pas de titre, qui n’a pas de crédibilité, qui n’a pas de notoriété, que ses disciples sont habillés en lambeaux, ils n’ont pas d’armes. Les disciples n’ont pas de diplôme.
Dans le fond, peut-être qu’on serait mieux avec ce Jésus-là pour nous diriger.
La foule de Jérusalem accepte la proposition de Jésus
Les gens ont accepté les codes, ont accepté les conventions et ils ont embarqué dans le jeu. Ils ont embarqué dans le spectacle.
Ils ont embarqué dans cette critique en plaçant le manteau. On va couper des branches puis on va crier « Gloire au fils de David! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur! Gloire à Dieu au plus haut des cieux. »
À quelque part, il criait, « Sauve-nous Jésus parce qu’on est mal pris! On a besoin d’une nouvelle société. On a besoin de quelque chose de mieux. On a besoin d’un nouveau royaume parce que celui dans lequel on évolue est profondément pourri. Viens et aide-nous à ressentir la présence de Dieu! »
La réaction des autorité de Jérusalem
Lorsque les dirigeants et lorsque l’autorité ont vu ce spectacle, ce n’est pas très surprenant qu’ils n’ont pas apprécié, mais là, pas du tout.
Un homme qui n’a pas de titre, qui n’a pas de pouvoir, qui n’a pas d’armée, qui est capable de mobiliser la foule, capable de parler à une foule en utilisant les bons codes, en utilisant les bonnes références, qui est capable de démontrer les limites de l’autorité, qui est capable de montrer l’imperfection, l’ineptie d’une autorité, c’est quelqu’un de très, très dangereux pour les personnes qui sont en position de pouvoir.
Il ne pas se surprendre qu’après ce moment, après cette entrée triomphale à Jérusalem, que les événements se succèdent très rapidement.
Il ne faut pas se surprendre que l’histoire se termine douloureusement.
Merci encore d’avoir cliqué, d’écouter.
Si vous aimez, likez, partagez. On se reparle très bientôt parce que j’aurai une capsule pour le vendredi 5. Au revoir!
Auteur

Rév. Stéphane Vermette
Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, Bluesky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.