Qu’est-ce que l’Église Unie du Canada?
Darla Sloan
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Il existe plusieurs Églises protestantes à travers le Canada. En quoi l’Église Unie du Canada est-elle différente des autres? Quelle est son histoire et quelles sont ses caractéristiques?
Table des matières
Une Église humaine qui se réforme sans cesse
Dans l’Église Unie du Canada, toutes les décisions – même en matière de théologie, de spiritualité et d’ecclésiologie – sont prises de manière démocratique. Cela reflète la conviction que l’Esprit travaille parmi tous les membres de l’Église.
Les premiers réformateurs utilisaient le terme « sacerdoce universel » pour évoquer l’idée que chaque chrétien et chrétienne a un rôle, un ministère dans son milieu de vie et de travail et que toutes et tous sont appelés à contribuer à la vie et à l’œuvre de l’ensemble de l’Église.
Fidèle à ses racines protestantes et réformées, l’Église Unie du Canada se réforme sans cesse.
Les Églises issues des réformes protestantes reconnaissent que les institutions ecclésiastiques sont des constructions humaines. Elles peuvent se tromper et elles peuvent être appelées à changer pour mieux répondre aux besoins des populations selon leurs contextes locaux.
Les Églises doivent sans cesse porter un regard critique sur leur fonctionnement et demeurer ouvertes au mouvement de l’Esprit ainsi qu’à l’interpellation des Écritures.
Chaque chrétien et chrétienne a un accès direct et personnel à la Bible; celle-ci doit cependant être lue, vécue et faire l’objet de discussions en communauté.
Dans l’Église Unie du Canada, comme dans d’autres Églises du courant libéral du protestantisme, la Bible est prise au sérieux, mais pas au pied de la lettre.
La Bible doit être comprise à la lumière de la tradition chrétienne, mais aussi de la raison ainsi que des connaissances scientifiques modernes et l’expérience vécue.
Une doctrine qui évolue dans le temps
C’est pour cette raison que, de temps à autre, l’Église Unie reformule ses convictions de façon à tenir compte du langage et des contextes changeants.
La doctrine de l’Église Unie du Canada est exposée dans plusieurs textes adoptés au fil du temps, lesquels forment la base de notre foi.
Cela a été fait une première fois dans les Principes de l’Union de 1925, qui contiennent 20 articles de foi. L’Église a reformulé sa foi dans la Déclaration de foi en 1940 et ensuite dans la confession de foi de l’Église Unie (1968, modifiée en 1980 et en 1994).
En août 2006, le 39e Conseil général a approuvé la version anglaise d’une nouvelle déclaration de foi, Notre foi chante, et sa version française en 2007.
Ainsi, l’énoncé de la substance de notre foi est un processus continu.
Fondé sur la compréhension que la Bible est le critère ultime pour notre foi, le statut de membre de l’Église est basé sur une profession de foi et non pas sur l’adhésion formelle à un credo particulier.
Et, avec l’aide de Dieu et l’Esprit du Christ à l’œuvre en l’ensemble du peuple chrétien, tous les membres de l’Église Unie peuvent prendre part à toutes les activités de l’Église – même la formulation de sa théologie et de ses prises de position.
Les postions de l’Église Unie au cours de son histoire
C’est ainsi qu’au cours de son histoire, l’Église Unie du Canada en est venue à prendre des décisions pour le moins avant-gardistes.
Pour ne citer que quelques exemples, le 4 novembre 1936, Lydia Grouchy a été la première femme à être ordonnée par l’une des Églises historiques du Canada.
L’écologie est depuis longtemps une préoccupation théologique et éthique pour l’Église Unie. Dès 1972, elle avait mis sur pied un groupe de travail sur l’environnement. En 1997, le rapport Prendre soin de la création soulignait que l’environnement devrait être au cœur des préoccupations théologiques et œcuméniques de l’Église du Christ.
En 1986 et en 1998, l’Église Unie a présenté des excuses aux Premières Nations pour les torts causés par sa participation aux efforts de colonisation, notamment dans l’opération de pensionnats. Depuis, la réconciliation avec les peuples autochtones demeure une priorité pour l’Église Unie.
En 1988, le Conseil général a adopté un rapport qui affirme que toute personne qui fait profession de foi en Christ, sans égard à son orientation sexuelle, peut devenir membre à part entière de l’Église et participer à tous les aspects de la vie et du ministère de l’Église, y compris soumettre sa candidature au ministère ordonné.
Cette décision marque une étape importante dans l’évolution de l’Église Unie dont l’inclusivité est aujourd’hui l’un de ses traits distinctifs.
L’acceptation de la diversité (culturelle, ethnique, sexuelle, théologique, etc.) fait donc partie des caractéristiques les plus frappantes de l’Église Unie.
On y accepte que la foi puisse être comprise et vécue de manière sensiblement différente au sein de l’Église comme à l’intérieur d’une même communauté de foi.
La liberté de conscience, chère à la tradition protestante, place la personne face à son Dieu pour de nombreuses questions éthiques d’importance.
Guidée par l’Évangile et éclairée par l’Esprit Saint, toute personne doit assumer des choix parfois difficiles qui ne peuvent être tranchés par des dogmes ou des règles absolues.
Une Église canadienne
L’Église Unie du Canada est la plus grande Église protestante au Canada. Par ses Églises fondatrices, elle plonge ses racines dans les mouvements de réforme du seizième siècle qui ont engendré les Églises dites protestantes ou réformées.
La naissance de l’Église Unie du Canada remonte à 1925, année où l’Église méthodiste, l’Église congrégationaliste, les deux tiers des paroisses de l’Église presbytérienne ainsi que les Églises d’union de l’Ouest du Canada se sont fusionnées pour fonder l’Église Unie du Canada.
Une loi fédérale a officialisé cette union.
Les symboles des 3 principales Églises fondatrices figurent sur l’écusson de l’Église Unie. On y trouve aussi les quatre couleurs (rouge, jaune, blanc, noir) de la roue de médecine des peuples autochtones, de même qu’un énoncé en langue mohawk (langue des premiers contacts entre Autochtones et Européens au Canada).

L’Église Unie du Canada se veut une « Église unie et unifiante », et par le fait même, s’est enrichie de plusieurs unions depuis 1925.
Le 4e Conseil général de l’Église Unie (1930) a approuvé l’union avec le Synode de l’Église des méthodistes wesleyens des Bermudes.
Le 22e Conseil général (1966) approuva le projet d’union par lequel la Conférence canadienne de l’Église évangélique des Frères chrétiens (Evangelical United Brethren Church) devait faire partie de l’Église Unie du Canada; l’union fut effective le 1er janvier 1968.
Des négociations ont été entamées avec l’Église anglicane du Canada ainsi qu’avec l’Église chrétienne (Disciples du Christ) sans pour autant aboutir à une union formelle de ces Églises avec l’Église Unie du Canada.
Toutefois, en 2015, une entente de pleine communion a été signée avec la United Church of Christ aux États-Unis.
Une entente similaire a été signée avec l’Église chrétienne (Disciples of Christ) en 2019.
De plus, plusieurs paroisses individuelles de différentes confessions chrétiennes se sont jointes à l’Église Unie.
La composante francophone de l’Église Unie du Canada
Dès le début de la colonisation française de l’Amérique du Nord, les protestants étaient présents. En 1839 est fondée la Société missionnaire canadienne-française (SMCF), œuvre interconfessionnelle qui donnera naissance à plusieurs écoles de rangs pour les démunis et plusieurs postes de mission et paroisses dont Belle-Rivière (Mirabel, 1840), Saint-Jean (Montréal, 1841), Saint-Marc (Ottawa, 1867) et Saint-Paul (Namur, 1870), qui font aujourd’hui partie de l’Église Unie.
Après un léger déclin, les francophones ont recommencé à se réunir et à travailler ensemble au cours des années 1970. Le consistoire laurentien (un regroupement des paroisses francophones) a été créé en 1985. La Table des Ministères en français contribue également au rayonnement francophone à travers l’ensemble du Canada.
De nos jours, l’immigration récente de personnes de communautés migrantes (particulièrement de l’Afrique francophone) enrichit la vie et la vitalité des ministères en français de l’Église Unie du Canada.
La structure et le fonctionnement de l’Église Unie du Canada
À ses débuts, l’Église Unie du Canada s’est dotée d’une structure organisationnelle et décisionnelle à 4 paliers : les paroisses étaient regroupées géographiquement en consistoires (héritage de la tradition presbytérienne), les consistoires en synodes (héritage de l’Église méthodiste). Le conseil général constituait l’instance décisionnelle nationale.
En 2019, l’Église Unie a entrepris une restructuration globale qui a nécessité l’amendement de la loi fédérale sur l’Église Unie du Canada pour être effective.
Selon les plus récentes statistiques disponibles (2024), 2 404 paroisses locales sont regroupées en 16 conseils régionaux.
Composé de membres laïcs et de membres du personnel ministériel, le conseil régional se réunit pour gérer démocratiquement le travail de l’Église dans une région.
Le Conseil ecclésial, communément appelé le Conseil général, dirige démocratiquement l’Église Unie. Il se réunit tous les trois ans et ses membres, laïques, pasteurs et pasteures sont élus par leurs conseils régionaux respectifs.
Entre les réunions triennales du Conseil général, son exécutif gère les affaires courantes et voit à la mise en œuvre des décisions du Conseil général.
Le Conseil général élit le modérateur ou la modératrice (qui peut-être une personne laïque autant qu’un pasteur ou une pasteure de l’Église) pour un mandat non renouvelable de trois ans.
La modératrice ou le modérateur préside les réunions du Conseil général et de son exécutif et agit en tant que chef spirituel de l’Église Unie, mais le pouvoir décisionnel demeure aux mains des membres élus au conseil général par les conseils régionaux.
Le Bureau de la vocation gère toutes les questions touchant l’exercice du ministère (normes en matière d’éducation, de formation, d’admission et d’agrément) des 3 255 pasteures et pasteurs ordonnés et 308 diacres, ainsi que le personnel ministériel laïque de l’Église Unie du Canada.
Pour en savoir plus, consultez le site internet de l’Église Unie du Canada : egliseunie.ca ou écrivez-nous à info@moncredo.org.


Darla est née à Régina et a grandi en banlieue de Vancouver. Jeune adulte, elle a fait du Québec sa maison. Pendant ses études doctorales à Université Laval, la jeune chercheuse en linguistique devient chercheuse de Dieu. Sa quête l’a menée à être ordonnée pasteure en 2001. Son parcours l’a conduite à travailler, tour à tour, comme enseignante; comme coordonnatrice des services pastoraux pour l’Église anglicane; comme responsable des campagnes de financement pour la Fiducie du patrimoine culturel des Augustines; comme responsable des ministères en français pour l’Église Unie; et comme aumônier au pénitencier de Donnacona. Jusqu’en 2025, elle était pasteure à l’Église Unie St-Pierre et Pinguet et elle partage dans la joie ses acquis avec sa communauté de foi.