Comment doit-on célébrer Noël?
Stéphane Vermette
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Noël revient toutes les années, mais comment se préparer et célébrer ce temps de l’année de manière significative.
Dans cet épisode, Joan et Stéphane se demandent si Noël est condamné à être commercial. Ils réfléchissent sur la pratique de donner des cadeaux éthiques et l’importance du temps de l’Avent et de ses pratiques est expliquée.
Bonjour, bienvenue à Question de croire, un podcast qui explore la foi et la spiritualité, une question à la fois. Cette semaine, comment doit-on célébrer Noël?
Bonjour Stéphane. Bonjour Joan.
Alors toi, à Noël, qu’est-ce que tu fais? Tu te prépares à fond? Tu as de grandes listes de courses? Ou bien tu es plutôt en train de réfléchir à tous tes cultes? Évidemment, c’est le moment où il y a le plus de sollicitations. C’est comment?
Parce que nous, comme on a une paroisse, la magie de Noël, ce n’est pas toujours facile.
Noël pour les pasteurs en paroisse
C’est ça que les gens ne comprennent pas toujours lorsqu’on est pasteur en paroisse. C’est le rush, c’est le sprint pour arriver à Noël.
C’est une série de célébrations religieuses spéciales. Il y a des activités spéciales avec les groupes qu’on accompagne. La célébration de la veille de Noël ou du matin de Noël.
On se met une petite pression parce qu’on se dit, il ne faut quand même pas rater et dire n’importe quoi pour Noël.
Donc, tout le mois de décembre, j’ai l’impression que je le passe devant mon ordinateur, contrairement à d’autres qui vont magasiner, écouter des cantiques, chanter des cantiques un peu partout. Moi, je n’ai pas l’esprit à ça. Toi, Joan, c’est quoi ta réalité?
Alors moi, ma réalité, c’est que j’habite à la fois à Strasbourg et à Zurich, qui sont deux villes, deux cultures, deux espaces géographiques et culturels où Noël est omniprésent.
Alors, voilà, tu as des décorations partout, tu as des tas de vitrines superbes, tu as des chants aussi. Il y a des endroits où les gens n’en peuvent plus, des chants de Noël. Surtout des trucs américains, ça, c’est marrant.
Et puis on a à Strasbourg le fameux marché de Noël, où malheureusement nous avons eu les attentats il y a quelques années, mais qui en fait historiquement s’appelle le Christkindlnsmerik, donc le marché du petit enfant au Christ et qui, pendant très longtemps, était une belle plateforme pour l’artisanat, l’artisanat local, l’artisanat rhénan.
Évidemment, ensuite, il y a eu les métiers de bouche. Donc, c’était l’endroit où il fallait aller pour boire du vin chaud. Des odeurs, des saveurs. On pouvait acheter des trucs en bois quand j’étais petite. Et puis, progressivement, la mondialisation a pris un petit peu le dessus. C’est comme ça.
En plus, on est la deuxième destination touristique de Noël en Europe. Un truc dingue.
Et notre mairesse, Jeanne Barzéguian, elle s’est rendu compte que d’un point de vue éthique, il y a un truc qui ne jouait pas trop. Alors, ce n’est pas la première à s’en être rendu compte. On s’en était tous rendu compte avant. Mais comme c’est un gros business, c’est difficile aussi de mettre aux gens un peu des pare-feux, des garde-fous.
Et là, il y a eu un article un petit peu comme ça sulfureux dans les dernières nouvelles d’Alsace. Et je tiens à informer comme ça. Nos auditrices et nos auditeurs qui sont du coup au Québec et qui ne connaissent pas cette illustre revue, et bien la dernière nouvelle d’Alsace a révélé la liste des objets interdits par la mairesse.
Et figurez-vous que vous ne pourrez pas venir à Strasbourg pour acheter le même parapluie avec un Papa Noël que vous auriez pu trouver dans votre grande ville, non. La mairesse le refuse et les gens s’énervent en disant qu’il n’y a pas de raison.
Moi si je vais au marché de Noël je vais pouvoir acheter et alors elle a aussi interdit les cadeaux de Noël pour les chats et les chiens parce que bon ça ne fait pas très artisanat local c’est hyper rare que ce soit fait dans un voyez dans un espèce de petit atelier avec du bois et des trucs c’est quand même assez souvent quelque chose qui nous vient du séchouan ou je ne sais pas trop où en Chine
Et donc, c’est interdit et les gens ne sont pas contents. Alors que moi, je trouve ça vachement bien qu’on nous oriente vers une éthique de Noël.
Une relation amour / haine avec Noël
Je crois que ça illustre cette espèce d’amour-haine que plusieurs ont envers les fêtes de Noël.
Plusieurs expriment un certain fantasme qui disent, on veut que Noël soit différent, on veut mettre fin à la commercialisation, on veut faire quelque chose de significatif.
Mais en même temps, on est tous et toutes dans les centres commerciaux. Je dirais, on n’y va même plus. On va sur les plateformes d’achat en ligne et on se fait livrer ça à la maison.
On veut quelque chose d’autre. On a de la difficulté à s’en extirper. Et pourtant, il y a des solutions, il y a des suggestions, il y a des possibilités autour de nous, mais on dirait que, quelque part, on hésite beaucoup à s’aventurer dans un Noël peut-être plus éthique, plus écologique, plus significatif pour nous et pour les autres.
Acheter des cadeaux éthiques
Alors écoute, moi, Stéphane, cette année, j’étais radicale. Étant donné que j’ai explosé mon bilan carbone en allant faire une dernière visite missionnaire sur place à Madagascar à l’été 2022.
Eh bien, j’en ai profité pour aller dans la boutique à Malice, qui est ma mamie là-bas, et qui n’achète que de l’artisanat vraiment très fin, fait sur place, qu’elle rémunère à un prix plutôt juste.
Et j’ai fait une énorme liste de personnes à qui je voulais faire un beau cadeau de Noël. Mais ce qui m’a fait un peu bizarre, c’est ce décalage. Néanmoins, c’est que j’étais à Madagascar, j’avais plusieurs possibilités, et j’ai choisi de passer à peu près 6 ou 7 heures dans la boutique à choisir tous mes cadeaux de Noël.
Et d’un côté, je trouvais ça juste, parce que je trouvais que ma démarche était bonne, elle allait dans la bonne énergie. Et d’un autre côté, je me dis que c’est quand même du temps qu’on passe à faire du shopping, qu’on l’appelle éthique ou pas, c’est quand même du temps qu’on passe à faire du shopping.

Faire plaisir à soi ou aux autres
Souvent, je me demande, à qui veut-on faire plaisir lorsqu’on fait un cadeau? Est-ce que c’est à l’autre personne ou est-ce que c’est à soi? Parce qu’il y a toutes ces conventions sociales qui disent, si on fait un cadeau, ça, exprime l’amour. Si on ne fait pas de cadeau, on n’aime pas.
Mais qu’est-ce qui exprimerait le plus d’amour? Passer cinq heures à trouver un bon cadeau pour une personne ou passer cinq heures avec cette personne? Je pense qu’il y a une réflexion à faire sur ces questions de dire, est-ce que le cadeau symbolise quelque chose ou c’est une convention?
Moi, personnellement, depuis quelques années, j’ai déclaré à tout le monde ce que je veux pour Noël, c’est un monde juste et équitable. C’est tout. Ne m’achetez pas des livres, une bouteille de vin, des choses comme ça. Je peux m’en acheter. Moi, mon objectif, c’est de contribuer à ça. Et peut-être le 20$ que vous dépensez, envoyez-le à une œuvre de charité, l’UNICEF, Oxfam, peu importe la cause, mais le but, c’est que ça crée un monde juste et de paix.
Les difficultés d’un Noël ethique
Écoute, là, je vais faire ma social justice warrior. Du coup, moi, j’aime bien dire warrior, puisque tant qu’on y est, qu’on utilise des mots en anglais, autant les féminiser. Et l’UNICEF, ça ne va pas du tout, mon ami.
L’UNICEF, ça ne va pas du tout. Moi, une fois, je suis rentrée dans leur boutique à Strasbourg, je me suis intéressée un petit peu à leurs objets et je vois que la plupart de leurs objets qu’ils font pour Noël, que tu es censé acheter pour un monde meilleur, c’est faits en Chine. Ça m’a tellement énervée.
Du coup, j’ai écrit au service commercial et on m’a répondu que je n’avais pas à m’inquiéter, qu’ils vérifient et normalement, il n’y a pas d’enfants qui travaillent dans les usines. Ah bah j’étais drôlement rassurée tu vois là d’un seul coup ça allait mieux. Donc tu vois comment c’est difficile en fait.
On se dit que je vais faire un cadeau plus éthique et il y a d’autres paramètres qui s’en viennent et ça me fait penser à autre chose.
Il y a aussi la possibilité pour Noël comme tu disais d’envoyer 20 balles quelque part ou bien de participer à un projet. Et donc, moi, une année, je m’étais dit, c’est cool, je vais participer au fait qu’on achète des poules pour des agro…
Comment est-ce qu’on dit ? Des agriculteurs, mais qui sont dans des projets d’agroécologie, parce que si ça ne s’appelle pas agroécologie, il n’y a pas le label missionnaire correct qui plaît à tout le monde. En fait, ils font de l’agriculture comme ils ont toujours fait, je crois, on peut leur acheter des poules pour les soutenir dans leur projet.
Au début, je trouvais ça canon, jusqu’à ce que j’en parle à des personnes qui sont plutôt végétariennes, qui m’ont dit qu’il ne faut pas du tout encourager le fait que les gens aient des poules, après ils les tuent, ils les mangent.
Ça devient super compliqué en fait de faire des cadeaux aux gens parce que déjà c’est Noël, donc tu te dis, si je fais un cadeau, il faut que ce soit un peu spécial.
Ensuite, si tu as des valeurs éthiques et que tu vois que tout est fait en Chine, tout ça pour soutenir les enfants, bof.
Et enfin, même si tu veux faire des projets un petit peu qui soient humanitaires ou de solidarité. Souvent, il y a des contingences, des contextes qui font que là-bas, tu sais avec quoi tu vas les soutenir.
Ça ne va pas parler à nos cultures, à nous de social justice warriors. Donc, on est quand même pris entre plusieurs feux, je trouve. Et là, ta solution à toi, elle est trop radicale, Stéphane. Ça ne va pas fonctionner. Il y a plein de gens qui veulent des cadeaux sous le sapin.
Déjà, il leur faut un sapin. Sinon, ce n’est pas Noël. C’est ce que disent les gens. Et en plus, il faut des cadeaux sous le sapin. Sinon, là, c’est encore moins Noël.
Que célèbre-t-on à Noël
C’est tellement vrai que les symboles sont devenus presque plus importants que ce que l’on célèbre. Je ne suis pas quelqu’un qui va utiliser des slogans associés à une droite chrétienne, surtout dans le monde anglo-saxon, qui disent « Keep Christ in Christmas », de conserver le Christ dans Noël, qui veulent que la célébration de Noël soit exclusivement religieuse.
Je crois que tout le monde a le droit de célébrer ce qu’il ou elle veut. En passant, si vous voulez conserver le Christ dans la fête de Noël, vous pouvez aussi nourrir les affamés, accueillir les rejetés, pardonner à ceux et celles qui vous ont blessés.
C’est en ligne avec le message du Christ, mais le symbole, comme tu as dit, le sapin, le cadeau en Amérique du Nord, la grosse dinde pour festoyer autour de la table avec.
Famille et amis. C’est ça que les gens associent à Noël. Et les personnes qui n’ont pas ça, c’est les personnes qu’on prend en pitié. Au lieu de dire, ben, on peut faire autre chose. Il y a différentes façons de le faire et il n’y en a pas une nécessairement meilleure que l’autre.
L’Avent
Alors justement, dans les deux contextes culturels dans lesquels j’officie en tant que pasteur, il y a le temps de l’Avent. Et l’Avent, c’est hyper important. Je me souviens qu’Elisabeth Parmentier, qui est ma mentore, avec qui j’ai fait ma thèse de doctorat, un jour elle avait été interviewée dans un magazine chrétien et on lui a demandé c’était quoi sa période préférée de l’année.
Elle a dit, mais moi c’est l’Avent parce que je suis luthérienne de de l’Est de la France et c’est une période franchement magnifique et magique où il y a constamment des temps de prière qui sont offerts en plus des temps habituels. Souvent, il y a une méditation de l’Avent pendant la semaine.
Au fur et à mesure, chaque dimanche, on allume la bougie. On encourage chaque famille à allumer sa bougie. Et puis, évidemment, chez nous, on a la tradition du calendrier de l’Avent. Je ne sais pas si vous l’avez, vous, cette tradition.
Oui.
Vous l’avez aussi ? Alors ça, c’est parfait. C’est pour les dentistes. Je crois que vraiment, c’est un truc qui a été une fois de plus inventé pour les dentistes. Parce que ton gamin, il se lève, il n’a rien mangé. Il mange du chocolat, il en a plein les dents, tout ça.
Parfait. Évidemment, après, il ne veut plus aller se brosser les dents. C’est impeccable. Mais les enfants, ils adorent. Et moi, je dois dire que je fais attention à plein de trucs. Je fais des bocaux, moi, Stéphane. J’ai des bocaux que je vais remplir à l’épicerie. Il y a plein de trucs sur lesquels je fais gaffe.
Mais alors, pour l’avant, j’adore m’offrir un calendrier avec des petits produits de beauté ou alors avec des petits thés dedans, ou des petits chocolats spéciaux.
Et je trouve que là, comme ça, ça me prépare vraiment à Noël. Et ça m’intéresse presque plus à ce cheminement de l’avant, plein de petites surprises, que Noël.
Parce que Noël, c’est un peu convenu, tu vois. Bon, à part la fête de Noël, qui est toujours un peu rigolote à l’église, où nous, on fait des trucs un peu marrants. Mais, je trouve que pour le reste, l’histoire d’aller dans la famille, à droite, à gauche, c’est un peu convenu.
Il y a rarement de la surprise. Tandis que l’Avent, tous les ans, ça peut être différent. Et c’est ce que j’aime en fait à Noël. C’est cette surprise. Et là, je retrouve le lien avec cette surprise d’un sauveur qui est né dans une mangeoire. Et d’un seul coup, ça fait sens en fait.
Et j’aime bien toutes ces métaphores autour de la paille, autour des animaux, autour qu’il lui donne chaud. Tout ça, ça touche mon cœur et ça réactive quelque chose de l’enfance.
Mais malheureusement, il y a cette pression tout autour, comme tu l’as bien dit, commerciale, de faire des cadeaux et surtout de faire plaisir par des objets et pas nécessairement par la présence.
L’attente avant Noël
Dans mon contexte, l’Avent a perdu beaucoup d’importance.
Mais venez en Alsace, venez en Alsace et même à Zurich.
Sûrement il faudrait. Mais c’est là, il y a des calendriers de l’avant, mais qui débutent le 1er décembre. Donc c’est plus près d’un calendrier de décembre. L’expression demeure, mais c’est un calendrier d’un décompte du mois de décembre jusqu’à la journée de Noël. — Mais les bougies, vous faites des.
Bougies quand même, là tu m’inquiètes.
Oui, il y a des bougies dans les paroisses.
Oui.
Mais en même temps, souvent, ce qu’on vend dans les paroisses, l’Avent, c’est qu’il faut attendre. Il ne faut pas chanter les cantiques de Noël tout de suite. Ce n’est pas le temps.
Donc, l’Avent est souvent associé à l’attente. Pas maintenant. Un peu comme on tire sur les reines d’un cheval pursang.
Non, non, pas trop vite, pas trop vite, pas trop vite. Et souvent, les gens sont frustrés de dire oui, mais je vais au centre commercial j’entends comme tu disais toutes les chansons de Noël commercial nous est-ce qu’on peut chanter les cantiques qu’on a de noël dans nos livres de cantiques.
Souvent les pasteurs disent non non non non non non on n’a pas le droit bon je sais pas qui a fait ces règlements là et on arrive à noël donc ce grand build up on monte les attentes. Et souvent, les gens se retrouvent déçus parce qu’on a une espèce de fantasme de revue.
Tout va bien aller, mais ce qu’on se rend compte, c’est qu’on va dans la famille, la belle famille. Ah là, l’oncle se chicane avec le neveu. On brise les assiettes. Il y a les pleurs.
C’est universel, je vois.
Oui, et cette espèce de déception. On arrive près du Premier de l’an, on a quasiment envie que ça soit derrière nous parce que bon, il y a quelque chose, je dirais presque de malsain dans cette construction, de ce chemin vers l’Avent.
On a beau essayer des initiatives dans nos Églises, par exemple, il y a la crèche de Noël, et moi je la construisais avec les enfants, je leur demandais, bon, où on met Joseph, où on met Marie?
Et les rois mages, à partir de la première semaine d’Avent, étaient au fond de l’église et ils s’approchaient progressivement toutes les semaines, essayant de trouver où sont les rois mages aujourd’hui, parce qu’ils sont en chemin. Marie et Joseph sont en chemin vers Jérusalem, ça fait qu’ils vont arriver un peu avant.
On essaie de jouer avec ça, mais on dirait que c’est difficile d’intégrer ça dans un contexte plus global à l’extérieur de nos paroisses.
Sainte-Lucie, les Rois et les autres symboles
C’est vrai qu’en fait, on a une carte à jouer nous dans nos paroisses pour ce temps de l’Avent. C’est vrai que c’est important que ce soit un temps de préparation, donc une attente préparatoire et pas une attente de frustration. Et éventuellement, s’inspirer aussi de tout ce qui peut exister ailleurs pour enrichir ce temps.
Par exemple, la Saint-Nicolas, la Sainte-Lucie, la Sainte-Lucie chez les Suédois, cette fête de la lumière.
Je ne connais pas Sainte-Lucie, parlez-nous-en un peu plus.
Ah oui, alors Sainte-Lucie, c’est dans l’église luthérienne de Suède, où tout au début de l’Avent, on fait une célébration de la lumière. Alors voilà, on peut en penser ce qu’on veut. Souvent, on prend de jeunes femmes suédoises.
À l’époque, c’était souvent des jeunes femmes blondes, aux yeux bleus, peut-être même de jeunes filles.
Bon, alors, je crois qu’ils ont un peu revu leurs critères, parce que c’était quand même un peu ethnicisant comme affaire.
On chante Sancta Lucia, donc la sainte lumière, qui nous permet de rentrer dans les jours les plus sombres de l’hiver, d’autant qu’en Scandinavie, comme tu le sais, c’est particulièrement sombre, puisque progressivement, il n’y a même plus du tout de lumière.
Donc il y a des fois des épisodes dépressifs chez les gens, c’est très dur à vivre, cette obscurité complète dans certains coins de la Scandinavie.
Donc cette fête qui permettait de se rassembler autour de la lumière, de mettre en valeur les jeunes femmes, les jeunes filles et leur virginité, ça on peut s’en passer maintenant, prenait une dimension symbolique assez importante.
Contrairement au Saint-Nicolas qui vient quand même d’un aspect plutôt punitif, punitif du saint, mais qui est bien répandu et qui finalement a donné naissance au mythe du Papa Noël.
Les choses s’imbriquent et peuvent nous aider à rebondir d’une façon ou d’une autre pour le temps de l’Avent. Et après Noël, on peut aussi se saisir d’autres symboles.
C’est vrai que finalement, nous en Espagne, on fêtait les rois. Comme tu dis, les rois qui arrivent après la naissance. Los Reyes. Et à ce moment-là, quand il y avait Los Reyes, il y a des espèces de très grands personnages qui circulent dans les rues d’Espagne et on distribue un peu des bonbons, des cadeaux aux enfants, et c’est à ce moment-là qu’en famille, on se distribue les cadeaux.
Normalement, ce n’est pas à 24-25, c’est lorsqu’il y a les rois qui amènent les cadeaux. Puisque c’est ça tout l’intérêt de comprendre la Bible aussi, c’est de voir que ça va par étapes. Il y a ce cheminement, cette fuite, cette naissance. Il y a bien sûr tout ce qui se passe dans le ciel et avec le cœur des bergers.
Il y a la symbolique des animaux. Et plus tard, il y a les rois, qu’on appelle les rois mages, un peu à tort ou à raison. Et ensuite, on peut aller plus loin, effectivement. Et là, on est sur toutes ces fêtes autour de l’épiphanie et de ce qu’on mange pour la galette des Rois.
Il y a tellement de choses dont on peut se servir, qu’on peut investir au lieu de surinvestir le côté cadeau.
Et je crois que c’est un petit peu là où on voulait arriver, toi et moi, pour nos auditrices, auditeurs. C’est qu’est-ce que vous faites, vous, pour donner sens à ce cheminement qui nous annonce la venue du sauveur ?
Conclusion
Et qu’est-ce qui tout autour vous aide, vous, à vous ancrer, à comprendre pourquoi est-ce que cette venue du sauveur, elle est encore contemporaine pour nous ? Elle veut encore dire quelque chose ? Est-ce que c’est s’offrir des produits de soins à Noël ? J’adore ça, moi, je veux qu’on n’offre que des produits de soins à Noël.
Ou est-ce qu’il y a d’autres éléments qui vous aident ? Voilà, c’était un petit peu notre objectif avec ce podcast. Alors, on attend des retours.
Oui, j’aimerais énormément vous lire à ce sujet. Comment célébrez-vous ce temps spécial qui peut paraître, comme tu as dit Johan, cousu de fil blanc, mais qui est en même temps une histoire magnifique, une histoire surprenante, une histoire déroutante ? Si on regarde ça d’un point de vue purement objectif, la naissance d’un messie, dans un lieu totalement perdu au fin fond de l’Empire et comment que ça l’a nourri une fois ?
Alors j’aimerais savoir qu’est-ce que vous en pensez. Comment vivez-vous? Avez-vous des suggestions? Avez-vous des trucs que vous avez essayé qui a vraiment raisonnés pour vous, pour votre famille, pour vos proches, vos amis? J’adorerais savoir ça. On va arrêter maintenant. Merci, Johanne, pour cette conversation sur un sujet quand même pas si évident, pas si facile.
Non, c’est vrai, parce que ça parle un peu aussi de nos traditions, nos origines, nos pratiques, notre culpabilité. Merci à toi, Stéphane. Merci aux auditrices et auditeurs. Merci pour votre fidélité.
Je veux juste prendre deux secondes pour remercier notre commanditaire, l’Église unie du Canada. Peu importe la plateforme sur laquelle vous écoutez. Aimez, abonnez-vous, partagez. On veut que la bonne nouvelle se répande. À très bientôt. Merci Joanne.
Alors, à bientôt.
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Rév. Stéphane Vermette
Pasteur de paroisse à Admaston, Kanata (Ont.), Quyon (Québec) et Église Unie Sainte-Claire (exclusivement sur internet). Coordinateur des communications et du développement en français de l’Église Unie du Canada. Depuis plus de 10 ans, il exerce un ministère numérique sur les médias sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, YouTube, BluesSky) pour apporter une foi progressiste en français sur internet.

Joan Charras-Sancho
Joan Charras-Sancho est docteure en théologie protestante et pasteure. Active dans le canton de Vaud, elle accompagne les personnes migrantes et les communautés queers. Collaboratrice aux livres « Une bible des femmes » (2018), « Une Bible, des hommes » (2021). Son ministère cherche à créer des espaces d’écoute, de dignité et d’espérance pour chacun·e.