Perdre et retrouver la foi
Nicole Hamel
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Dans le cadre de la série Ma parole, Nicole nous explique que la foi n’est pas un élément toujours stable. Parfois, les épreuves nous amènent à perdre la foi. D’autres fois, des événements nous aident à retrouver notre chemin vers Dieu.
Je m’appelle Nicole Hamel, je suis de Québec et j’ai été impliquée dans plusieurs engagements pastoraux à peu près toute ma vie. Je vais vous parler aujourd’hui de ce que j’ai vécu lorsque j’ai perdu la foi et comment je l’ai retrouvée.
Transcription:
Table des matières
L’impression que Dieu nous abandonne
J’ai toujours eu la foi, toute petite, après ça l’adolescence et j’ai étudié et je me suis impliquée au niveau pastoral à peu près toute ma vie.
Quand je me suis mariée, moi, c’était pour la vie et quand il y a eu une séparation, ça a été un coup dur. Après ça, quand j’ai été atteinte d’un cancer, là vraiment j‘ai eu l’impression que Dieu m’avait laissé tomber. Et j’ai vraiment perdu la foi pendant deux ans.
Sortir de la noirceur
C’était vraiment très douloureux parce que c’était tellement important pour moi, ma relation avec Dieu et qui influençait ma vie, que de sentir qu’il n’était plus là, c’était vraiment… le mot qui me vient, c’était la noirceur. Deux ans, c’est long.
Et à un moment donné, j’ai été impliquée pour préparer une célébration de funérailles dans un contexte dramatique, dans ma famille, et je me suis centrée sur les besoins de la personne qui me demandait de m’occuper des funérailles.
Ce n’était même pas une célébration religieuse, c’était une célébration laïque.
Et quand les gens, croyants, incroyants et indifférents, m’ont dit après que cette célébration les avait rejoints, le lendemain, j’ai eu comme un ressac de cet événement-là, et j’ai réfléchi, puis j’ai comme senti à l’intérieur de moi comme si Dieu me disait « Hey, je te veux comme agente de pastorale, es-tu assez claire, as-tu compris? » Alors là, ça m’a relancée.
On est rendu en 98. Et quand on m’a demandé pour passer une entrevue pour devenir intervenante en soins spirituels, je me suis dit, je dis tout. Et s’ils ne me prennent pas comme ça, ce sera comme ça. Et finalement, j’ai été retenue. Et depuis 98, ma foi n’a jamais lâché.

Une foi plus stable
Je ne peux pas dire que je suis une croyante différente. Il y a peut-être un élément, oui, il y a un élément de stabilité, je crois.
Je comprends mieux qu’il y a des choses qui m’appartiennent, qui relèvent de mon expérience, de mes blessures et de mes forces et tout ça, et que Dieu est présent à travers tout ça, mais c’est comme plus profond.
C’est comme le niveau de la mer et les poissons. La mer fait ses vagues comme ça, puis les poissons qui sont dans le fond, même si ça bouge en haut, les poissons restent là.
Et c’est comme si ma foi, je suis comme un poisson dans les profondeurs.
Demeurer à l’écoute de la présence de Dieu
Pour les personnes qui peuvent perdre la foi, qu’est-ce que je peux leur dire?
Je peux leur dire d’être à l’écoute de la nature, de la musique, de tout le côté spirituel qui donne sens à nos vies, les valeurs. Et peut-être qu’à un moment donné, ils vont voir à travers ces valeurs-là, ces valeurs spirituelles, qu’en dehors, au plus profond de ça, Dieu peut être présent.
De rien forcer, d’être juste attentif et attentive à la vie, à ce qui est beau dans la vie, et de départager ce qui m’appartient de ce qui appartient à l’autre, de ce qui est ma responsabilité, de ce qui est la responsabilité de l’autre.

Nicole Hamel
Après avoir été employée par l’Église catholique, je suis devenue membre de l’Église Unie St-Pierre à Québec. Agente paroissiale laïque, je suis répondante pour l’inclusivité des personnes GLBTQ +.
Je suis l’auteure de L’amour entre femmes dans l’Église catholique, Du caillou au séquoia et Et CIEL parlait, ce serait l’ENFER?, disponible via Nicolibri Éditions : www.nicolibri.ca.